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Quelle puissance de borne choisir : 3,7, 7,4, 11 ou 22 kW ?

La puissance utile ne se choisit pas dans un catalogue : elle se calcule avec votre branchement, votre voiture et vos kilomètres. Le calcul en trois chiffres.

Mis à jour le 01.10.2026

Sur cette page
  1. Les quatre puissances en un tableau
  2. La puissance réelle est le plus petit des trois maillons
  3. Le calcul à faire chez vous, en trois chiffres
  4. Quel cas, quelle puissance
  5. Pourquoi 22 kW est rarement la réponse à domicile
  6. Ce que la puissance change sur le devis et sur la loi
  7. Les questions à poser à votre installateur
  8. L'erreur à ne pas commettre
  9. Notre recommandation
  10. Pour aller plus loin
  11. Questions fréquentes

Quatre puissances se partagent la recharge à domicile : 3,7, 7,4, 11 et 22 kW. Aucune n’est « la bonne » dans l’absolu, parce que la puissance réellement obtenue est le plus petit des trois maillons : votre branchement, la borne, et le chargeur embarqué de votre voiture. Voici le calcul à faire chez vous, en trois chiffres.

Les quatre puissances en un tableau

Les quatre puissances de recharge à domicile
PuissanceCourant et branchementCe qu’elle exige chez vousQualification IRVEÀ qui elle sert
3,7 kW16 A monophasé (230 V × 16 A)Un circuit dédié et ses protections, rien de plusNon exigée à ce seuil ; la pose reste réservée à un professionnel habilitéPetits trajets quotidiens, second véhicule, hybride rechargeable
7,4 kW32 A monophasé (230 V × 32 A)Une puissance souscrite suffisante, souvent complétée par un délestageExigée (au-delà de 3,7 kW)La référence en maison individuelle
11 kW16 A triphasé (400 V × 16 A × √3)Un branchement triphasé, et un véhicule qui l’accepte en courant alternatifExigéeMaison déjà en triphasé, gros rouleur quotidien
22 kW32 A triphasé (400 V × 32 A × √3)Triphasé et puissance souscrite élevée ; rarement exploité par le véhiculeExigéeUsage professionnel, flotte, ou chargeur embarqué 22 kW confirmé

Puissances nominales en courant alternatif (mode de charge 3, norme CEI 61851-1). Les valeurs découlent du courant et de la tension : 230 V en monophasé, 400 V en triphasé. La recharge en courant continu n'existe pas à domicile.

Ces quatre valeurs ne sont pas des choix commerciaux : elles sont le produit d’une tension par un courant. En monophasé, 230 volts multipliés par 32 ampères donnent 7,4 kW, et c’est le plafond de ce type de branchement pour une borne domestique. En triphasé, 400 volts multipliés par 32 ampères et par la racine de trois donnent 22 kW. Il n’existe pas de borne à 11 kW sur un branchement monophasé : la question du triphasé se règle avant celle de la borne.

La puissance réelle est le plus petit des trois maillons

C’est la règle qui évite l’essentiel des dépenses inutiles, et elle est simple : la recharge se fait à la puissance du maillon le plus faible.

Le troisième maillon est celui qu’on oublie, et c’est le plus coûteux à ignorer. Beaucoup de véhicules annoncent des puissances élevées qui concernent la recharge rapide en courant continu, sur autoroute. À domicile, la recharge se fait en courant alternatif (mode de charge 3 de la norme CEI 61851-1), et c’est le chargeur embarqué qui fixe le plafond. Installer une borne de 22 kW devant une voiture qui accepte 7,4 kW en alternatif ne fait pas gagner une minute : les 22 kW ne sortiront jamais de la borne.

Le calcul à faire chez vous, en trois chiffres

La bonne question n’est pas « quelle est la puissance maximale disponible » mais « combien de kWh dois-je remettre dans la batterie chaque nuit, et ai-je le temps ». Deux opérations suffisent.

1. Les kWh à remettre chaque nuit. Multipliez vos kilomètres quotidiens par la consommation de votre voiture aux 100 km, puis divisez par 100. La consommation s’affiche sur le tableau de bord du véhicule ; pour une compacte ou une berline, elle se situe souvent autour de 15 à 20 kWh aux 100 km.

2. Le temps de charge. Divisez ces kWh par la puissance réelle, c’est-à-dire par le plus petit des trois maillons.

Ce calcul explique une chose contre-intuitive : au-delà d’un certain point, monter en puissance ne change plus votre quotidien, parce que la voiture est de toute façon branchée huit heures. Ce qui change le quotidien, c’est de recharger au bon moment — en heures creuses, sans faire disjoncter le logement. C’est le rôle du délestage et de la recharge de nuit en heures creuses, souvent plus rentables qu’un kilowatt de plus.

Quel cas, quelle puissance

La puissance qui correspond à votre situation
Votre situationLa puissance cohérentePourquoi
Maison monophasée, un véhicule, trajets quotidiens courants7,4 kWLe plafond du monophasé, et il couvre la nuit avec une marge confortable
Hybride rechargeable, ou petits trajets et batterie modeste3,7 kWLe chargeur embarqué plafonne souvent bas : au-delà, rien n’est utilisé
Puissance souscrite juste, plusieurs gros appareils7,4 kW avec délestageLe délestage évite une augmentation d’abonnement, souvent plus chère
Maison déjà en triphasé, gros rouleur quotidien11 kW, si le véhicule l’accepte en alternatifLa puissance est là ; encore faut-il que la voiture en profite
Deux véhicules électriques à recharger la même nuit11 kW avec pilotage de puissance, ou deux points pilotésLe besoin porte sur la répartition, pas sur la puissance d’un point
Passer en triphasé pour aller à 22 kWÀ démontrer avant de déciderIntervention du gestionnaire de réseau, coût et délai propres

Des pistes à confirmer en devis : seule la visite technique établit ce que votre branchement et votre tableau autorisent réellement.

Si le triphasé n’est pas déjà en place, la décision sort du champ de la borne : elle relève du branchement et de l’abonnement. Trois pages traitent ce sujet à part : quelle puissance de compteur pour recharger, augmenter la puissance de son compteur et l’installation triphasée pour la recharge.

Pourquoi 22 kW est rarement la réponse à domicile

Trois conditions doivent être réunies en même temps, et c’est rare : un branchement triphasé en place, une puissance souscrite capable d’absorber 32 ampères par phase, et un véhicule dont le chargeur embarqué accepte 22 kW en courant alternatif. Si l’une manque, la borne fonctionne — mais à la puissance du maillon manquant, pour un matériel et un câblage payés plus cher.

À l’inverse, 22 kW a du sens dès qu’on sort du domicile : plusieurs véhicules, des rotations dans la journée, un besoin de remettre beaucoup d’énergie en peu de temps. C’est le terrain de la borne en entreprise, pas celui du garage individuel.

Ce que la puissance change sur le devis et sur la loi

Monter en puissance a deux effets qui n’apparaissent pas sur la fiche produit.

Le premier est réglementaire. En application de l’article D. 353-2 du code de l’énergie, créé par le décret n° 2024-649 du 30 juin 2024 en remplacement de l’article 22 du décret n° 2017-26 (abrogé depuis le 1er juillet 2024), la pose d’un point de charge dans un logement revient à un professionnel habilité, la qualification IRVE étant exigée au-delà de 3,7 kW. L’auto-installation n’est donc pas une option, prise renforcée comprise. Les niveaux sont détaillés dans les niveaux de qualification IRVE. Texte consulté le 1er octobre 2026.

Le second est fiscal, et il joue dans le bon sens : la TVA à 5,5 % s’applique à la fourniture et à la pose d’une infrastructure de recharge en logement, neuf ou ancien et sans condition d’ancienneté, dès lors que l’intervention est réalisée par un professionnel habilité, qualifié IRVE au-delà de 3,7 kW (article 278-0 bis N du code général des impôts, arrêté du 22 juin 2023, textes consultés le 1er octobre 2026). Le détail est sur la fiche TVA à 5,5 %.

Quelle que soit la puissance retenue, le circuit reste dédié et protégé par son propre différentiel, comme l’impose la partie 7-722 de la norme NF C 15-100 (consultée le 1er octobre 2026). C’est la section du câble, elle, qui suit la puissance : plus elle est élevée, plus le câble grossit — un poste à retrouver sur le devis, comme l’explique lire un devis d’installation de borne.

Les questions à poser à votre installateur

L’erreur à ne pas commettre

Notre recommandation

Pour aller plus loin

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Faire trancher la puissance sur votre installation

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Questions fréquentes

Quelle puissance de borne pour une maison individuelle ?

7,4 kW dans la très grande majorité des cas : c’est le maximum d’un branchement monophasé (230 V × 32 A) et cela suffit largement à recharger pendant la nuit. Descendez à 3,7 kW si le chargeur embarqué de votre voiture plafonne plus bas, ou si vous roulez peu.

Faut-il une borne de 11 ou 22 kW à la maison ?

Seulement si trois conditions sont réunies : un branchement triphasé déjà en place, une puissance souscrite suffisante, et un véhicule dont le chargeur embarqué accepte cette puissance en courant alternatif. Si l’une manque, la borne chargera à la puissance du maillon le plus faible, pour un coût plus élevé.

Comment savoir quelle puissance ma voiture accepte ?

Cherchez la puissance du chargeur embarqué en courant alternatif, indiquée dans la notice ou la fiche technique du véhicule. Ne confondez pas avec la puissance de recharge rapide en courant continu, qui ne concerne que les bornes d’autoroute et ne s’applique pas à domicile.

Une borne plus puissante recharge-t-elle toujours plus vite ?

Non. La recharge se fait à la puissance du plus petit des trois maillons : le branchement, la borne et le chargeur embarqué. Une borne de 22 kW devant une voiture limitée à 7,4 kW en courant alternatif rechargera à 7,4 kW.

La puissance change-t-elle qui a le droit d’installer la borne ?

Oui. La pose d’un point de charge en logement revient à un professionnel habilité, et la qualification IRVE est exigée au-delà de 3,7 kW (article D. 353-2 du code de l’énergie). C’est aussi cette qualification qui conditionne la TVA à 5,5 % sur la fourniture et la pose.