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Temps de recharge d'une voiture électrique : la formule, le tableau et les trois facteurs qui font mentir le calcul
La formule, le tableau capacité par puissance de 40 à 75 kWh et les trois facteurs qui allongent le calcul. La méthode pour estimer votre cas.
Sur cette page
- Comment calcule-t-on un temps de recharge ?
- Combien de temps pour une charge complète, selon la capacité et la puissance ?
- Les trois facteurs qui font mentir le calcul
- 1. Le chargeur embarqué du véhicule
- 2. Les pertes de conversion
- 3. Le palier de fin de charge
- Combien de temps pour récupérer les kilomètres d'une journée ?
- Quelle puissance viser, au vu de ces calculs ?
- Pour aller plus loin
- Questions fréquentes
Le temps de recharge se calcule en divisant l’énergie à récupérer, en kilowattheures, par la puissance de charge, en kilowatts : 30 kWh sur une borne de 7,4 kW font environ 4 heures. Trois facteurs allongent ce résultat : le chargeur embarqué, les pertes de conversion et le palier de fin de charge.
Comment calcule-t-on un temps de recharge ?
Par une division, et une seule. Tout le reste est un ajustement de cette division.
Combien de temps pour une charge complète, selon la capacité et la puissance ?
Le tableau ci-dessous est le plancher théorique d’une charge de 0 à 100 %, capacité par capacité. C’est le cas le plus défavorable, et le plus rare : à domicile, on part rarement de zéro.
| Capacité de la batterie | 2,3 kW | 3,7 kW | 7,4 kW | 11 kW | 22 kW |
|---|---|---|---|---|---|
| 40 kWh | 17 h 25 | 10 h 50 | 5 h 25 | 3 h 40 | 1 h 50 |
| 50 kWh | 21 h 45 | 13 h 30 | 6 h 45 | 4 h 35 | 2 h 15 |
| 60 kWh | 26 h 05 | 16 h 15 | 8 h 05 | 5 h 30 | 2 h 45 |
| 75 kWh | 32 h 35 | 20 h 15 | 10 h 10 | 6 h 50 | 3 h 25 |
Calcul : durée = capacité (kWh) ÷ puissance (kW), arrondi aux 5 minutes. Valeurs théoriques, hors pertes de conversion et hors palier de fin de charge : le temps réel est supérieur. 2,3 kW = prise domestique ; 3,7 kW = borne monophasée 16 A ; 7,4 kW = borne monophasée 32 A ; 11 et 22 kW = bornes triphasées. Un véhicule ne dépasse jamais la puissance de son chargeur embarqué.
Trois lectures utiles de ce tableau. D’abord, la colonne 2,3 kW explique à elle seule pourquoi la prise domestique n’est pas une solution quotidienne : plus de vingt-six heures pour remplir une batterie de 60 kWh. Ensuite, la colonne 7,4 kW tient dans une nuit jusqu’à 75 kWh : c’est pourquoi cette puissance est la référence en maison individuelle. Enfin, passer de 7,4 à 11 kW ne divise pas le temps par deux mais par 1,5, et suppose un branchement triphasé : l’arbitrage est traité dans monophasé ou triphasé.
Les trois facteurs qui font mentir le calcul
La division donne un plancher. Voici, dans l’ordre d’importance, ce qui l’allonge.
1. Le chargeur embarqué du véhicule
En courant alternatif, ce n’est pas la borne qui décide seule. Chaque véhicule embarque un convertisseur AC/DC — le chargeur embarqué — dont la puissance maximale est une caractéristique figée du modèle et de sa version.
C’est le facteur qui fait perdre le plus d’argent, parce qu’il conduit à surdimensionner la borne. Vérifiez la puissance AC acceptée par votre véhicule avant de choisir une puissance de borne, pas l’inverse. L’arbitrage entre puissances élevées est traité dans 11 kW ou 22 kW.
2. Les pertes de conversion
Toute l’énergie tirée du réseau n’arrive pas dans la batterie. La conversion du courant alternatif en courant continu dissipe de la chaleur, et le véhicule alimente pendant toute la charge son électronique et sa gestion thermique. Le compteur tourne donc plus vite que la batterie ne se remplit — et la charge dure plus longtemps que la division ne le dit.
3. Le palier de fin de charge
La puissance de charge n’est pas constante du début à la fin. En courant alternatif, le courant est réduit dans les derniers pourcents, le temps d’équilibrer les cellules entre elles. En recharge rapide, en courant continu, le phénomène est bien plus marqué : la batterie accepte un débit élevé jusqu’à environ 80 %, puis la puissance retombe nettement pour préserver les cellules.
C’est la raison pour laquelle on parle si souvent de la plage 20 à 80 % : au-delà, chaque pourcent gagné coûte de plus en plus de minutes. Le mécanisme est détaillé dans recharge rapide. À domicile, sur une borne de 7,4 kW, ce palier est peu sensible : la puissance est déjà modérée, et la nuit absorbe le supplément.
Ce que la formule donne de juste
- L’ordre de grandeur, fiable à quelques dizaines de minutes près
- La comparaison entre puissances : le rapport entre deux colonnes est exact
- La réponse à la vraie question du quotidien : « est-ce que ce sera prêt demain matin ? »
Ce qu'elle ne donne pas
- Le temps à la minute près, que trois facteurs déplacent
- La durée réelle d’une charge rapide au-delà de 80 %
- Une durée par modèle de véhicule : trop de variables non publiques
Combien de temps pour récupérer les kilomètres d’une journée ?
C’est le calcul réellement utile à domicile, et il donne des durées bien plus courtes. On part de la consommation, exprimée en kilowattheures aux 100 kilomètres.
| Puissance de charge | Énergie par heure | Autonomie récupérée par heure | Pour 50 km de trajet quotidien |
|---|---|---|---|
| 2,3 kW (prise domestique) | 2,3 kWh | ~13 km | ~3 h 45 |
| 3,2 kW (prise renforcée) | 3,2 kWh | ~19 km | ~2 h 40 |
| 7,4 kW (borne monophasée) | 7,4 kWh | ~43 km | ~1 h 10 |
| 11 kW (borne triphasée) | 11 kWh | ~65 km | ~45 min |
| 22 kW (borne triphasée) | 22 kWh | ~129 km | ~25 min |
Base de calcul : consommation moyenne de 17 kWh aux 100 km, ordre de grandeur courant pour une compacte électrique. Autonomie récupérée (km) = puissance (kW) ÷ consommation (kWh/100 km) × 100. Valeurs théoriques, avant pertes ; la consommation réelle varie fortement avec la vitesse, le relief et la température.
Un trajet domicile-travail de 50 kilomètres par jour se rattrape donc en un peu plus d’une heure sur une borne de 7,4 kW. C’est ce chiffre, et non les 6 h 45 d’une charge complète, qui décrit la vie réelle avec une voiture électrique. Le coût correspondant est calculé dans coût de recharge et coût de recharge aux 100 km.
Trois questions de calcul, réglées
Comment convertir un pourcentage de batterie en kWh ?
Multipliez la capacité par le pourcentage manquant. Sur une batterie de 60 kWh, passer de 30 à 80 % revient à récupérer 50 % de 60, soit 30 kWh. C’est ce chiffre, et non 60, qui entre au numérateur de la formule.
Que se passe-t-il si le délestage s'active pendant la charge ?
La borne réduit sa puissance pour ne pas dépasser la puissance souscrite, donc la charge s’allonge d’autant. Le calcul reste valable : il suffit d’écrire au dénominateur la puissance moyenne réellement délivrée, et non la puissance nominale. Voir le délestage.
Une borne plus puissante recharge-t-elle toujours plus vite ?
Non. La puissance retenue est la plus petite des trois : borne, chargeur embarqué, installation. Si le véhicule plafonne à 7,4 kW, une borne de 22 kW ne change strictement rien à la durée — seulement au prix de l’installation.
Quelle puissance viser, au vu de ces calculs ?
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Comment calculer le temps de recharge de sa voiture électrique ?
Divisez l’énergie à récupérer, en kWh, par la puissance de charge, en kW. Pour passer de 20 à 80 % d’une batterie de 50 kWh, vous récupérez 30 kWh : sur une borne de 7,4 kW, cela fait 30 ÷ 7,4, soit environ 4 heures. Retenez au dénominateur la plus petite des trois puissances : borne, chargeur embarqué du véhicule, installation.
Combien de temps faut-il pour recharger une voiture sur une borne de 7,4 kW ?
Pour une charge complète : environ 5 h 25 pour 40 kWh de batterie, 6 h 45 pour 50 kWh, 8 h 05 pour 60 kWh et 10 h 10 pour 75 kWh. Ces durées sont des planchers théoriques, à allonger un peu pour les pertes de conversion et le palier de fin de charge. Toutes tiennent dans une nuit.
Pourquoi ma voiture ne recharge-t-elle pas à la puissance maximale de la borne ?
Parce que son chargeur embarqué plafonne la puissance acceptée en courant alternatif. Si le véhicule est limité à 7,4 kW, une borne de 11 ou 22 kW ne changera rien à la durée. Un délestage actif, qui réduit la charge quand le foyer consomme, produit le même effet de manière temporaire.
Pourquoi parle-t-on toujours d’une recharge de 20 à 80 % ?
Parce qu’en recharge rapide, la puissance chute nettement au-delà d’environ 80 % pour préserver les cellules : chaque pourcent supplémentaire coûte de plus en plus de minutes. La plage 20 à 80 % offre donc le meilleur rapport entre temps passé et énergie récupérée. À domicile, sur une borne de 7,4 kW, ce palier est peu sensible.
Le temps de recharge réel est-il plus long que le calcul ?
Oui, toujours un peu. Trois facteurs l’allongent : le chargeur embarqué s’il plafonne sous la puissance de la borne, les pertes de conversion — le compteur tourne plus vite que la batterie ne se remplit, d’autant plus à faible puissance — et le palier de fin de charge. La formule donne l’ordre de grandeur, pas la minute exacte.
Combien de temps pour recharger les kilomètres d’une journée ?
Sur une base de 17 kWh aux 100 km, une borne de 7,4 kW rend environ 43 km d’autonomie par heure : un trajet quotidien de 50 km se rattrape en un peu plus d’une heure. C’est ce calcul, et non celui d’une charge complète, qui décrit l’usage réel d’une voiture électrique rechargée à domicile.