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Le délestage d'une borne : le mécanisme, étape par étape

Mesure au compteur, seuil, priorité des usages, plancher de 6 A : comment le délestage d'une borne fonctionne, et ce qui se passe quand la puissance manque.

Mis à jour le 22.09.2026

Sur cette page
  1. Qu'est-ce que le délestage d'une borne de recharge ?
  2. Pourquoi une borne fait-elle disjoncter ?
  3. Comment fonctionne le délestage, étape par étape ?
  4. Que se passe-t-il quand la puissance manque vraiment ?
  5. Comment s'établit la priorité entre les usages ?
  6. Délestage statique ou dynamique : lequel choisir ?
  7. Le délestage évite-t-il d'augmenter la puissance souscrite ?
  8. Qui règle le délestage, et sur quelles bases ?
  9. Pour aller plus loin
  10. Questions fréquentes

Le délestage est une boucle en quatre temps, répétée en continu : mesurer ce que consomme le logement au point de livraison, comparer cette valeur à un seuil réglé sous la puissance souscrite, en déduire la marge disponible, puis annoncer au véhicule l’intensité correspondante. Quand la marge tombe sous le plancher, la charge se met en pause plutôt que de faire disjoncter.

Qu’est-ce que le délestage d’une borne de recharge ?

Pourquoi une borne fait-elle disjoncter ?

Votre contrat fixe une puissance maximale, exprimée en kVA, au-delà de laquelle le disjoncteur d’abonné coupe l’alimentation. Une borne de 7,4 kW en mobilise une large part à elle seule et le fait pendant plusieurs heures d’affilée, contrairement aux autres gros appareils du logement qui fonctionnent par cycles courts. Le conflit ne vient donc pas de la borne seule, mais de sa simultanéité avec les usages du soir.

Comment fonctionne le délestage, étape par étape ?

La boucle de délestage, répétée en continu

  1. Mesurer au point de livraison

    Un capteur lit la consommation totale du logement, en amont de la borne. Deux montages existent : une pince ampèremétrique posée sur les conducteurs d’arrivée dans le tableau, ou la lecture de la sortie de téléinformation client (TIC) du compteur communicant, décrite par Enedis dans ses spécifications d’interface client, consultées le 22 septembre 2026. La pince mesure le courant, la TIC transmet des valeurs déjà calculées par le compteur : les deux conviennent, la seconde évite une pose dans le tableau.

  2. Comparer à un seuil réglé sous la puissance souscrite

    Le dispositif compare la mesure à un seuil paramétré à l’installation, volontairement inférieur à la puissance souscrite. Cette marge de sécurité absorbe les pointes brèves et les erreurs de mesure : si le seuil était calé exactement sur l’abonnement, le disjoncteur pourrait couper avant que la boucle n’ait eu le temps de réagir.

  3. Calculer la marge disponible pour la charge

    La différence entre le seuil et la consommation mesurée est la puissance encore disponible. C’est elle, et elle seule, qui est allouée à la borne. Cette valeur change en permanence : chaque appareil qui démarre ou s’arrête dans le logement la fait varier.

  4. Annoncer l'intensité au véhicule

    La borne traduit cette marge en une intensité maximale et l’annonce au véhicule par le signal de contrôle pilote de la norme NF EN / CEI 61851-1. Le véhicule lit la consigne et ajuste son chargeur embarqué. Il n’y a ni coupure, ni relais qui claque : la charge ralentit et accélère sans interruption.

Que se passe-t-il quand la puissance manque vraiment ?

Tant que la marge reste au-dessus d’un certain niveau, la charge se contente de ralentir. En dessous, le mécanisme change de nature.

Plancher de modulation du contrôle pilote
6 A Valeur basse de la plage d'intensité codée par le signal de contrôle pilote de la norme NF EN / CEI 61851-1, consultée le 22 septembre 2026. En dessous, la consigne ne descend pas : la charge est suspendue.

Le délestage ne ralentit pas indéfiniment : sous ce plancher, il met en pause et attend.

Concrètement, quand le logement consomme tant qu’il ne reste plus assez de marge pour tenir cette intensité minimale, la borne suspend la charge au lieu de descendre plus bas. Dès que la demande retombe — le four s’éteint, le chauffe-eau finit son cycle — la charge reprend automatiquement, sans intervention. Sur une charge de nuit, ces pauses sont invisibles : le temps disponible est très supérieur au temps de charge nécessaire.

Comment s’établit la priorité entre les usages ?

Qui cède, et dans quel ordre
RangUsageComportement en cas de manque de puissance
1Éclairage, appareils de cuisson, informatique, usages instantanésJamais délestés : leur report serait immédiatement perceptible
2Chauffage, eau chaude sanitaireDélestables par certains gestionnaires d’énergie, avec inertie thermique pour tampon
3Recharge du véhiculeModulée en priorité, puis suspendue sous le plancher de 6 A

Ordre de priorité type d'un délestage domestique. La borne est l'appareil délestable par excellence : c'est le seul dont le report n'a aucune conséquence perceptible, parce que le véhicule est stationné plusieurs heures.

La logique est simple : on déleste l’usage dont le report coûte le moins. Une voiture branchée à 19 h pour un départ à 7 h dispose de douze heures pour une charge qui en demande beaucoup moins. C’est ce qui fait de la recharge la variable d’ajustement idéale du logement.

Délestage statique ou dynamique : lequel choisir ?

Délestage statique

puissance plafonnée une fois pour toutes

  • La borne est bridée à une valeur fixe, calculée au pire cas
  • Aucune mesure en temps réel : pas de capteur à poser
  • Recharge lente même à 3 h du matin, quand la maison ne consomme rien
  • Réglage prudent, donc marge systématiquement perdue

Simple, mais il gaspille la marge de la nuit.

Délestage dynamique

la marge recalculée en continu

Recommande
  • Mesure la consommation réelle du logement en continu
  • Alloue à la borne toute la marge restante, instant par instant
  • Charge à pleine puissance la nuit, ralentit au moment des pics
  • Suppose un capteur (pince ou TIC) et un réglage à l’installation

Le bon choix dès que la puissance souscrite est juste.

L’écart se voit surtout la nuit. Un délestage statique calé sur le pire cas du soir laisse la borne bridée à 3 h du matin, alors que la maison dort et que toute la puissance souscrite est disponible. Le dynamique récupère exactement cette marge-là.

Le délestage évite-t-il d’augmenter la puissance souscrite ?

Qui règle le délestage, et sur quelles bases ?

Le paramétrage n’est pas un réglage d’application : il suppose de connaître la puissance souscrite exacte, la nature du branchement (monophasé ou triphasé), les usages simultanés du logement et les protections du circuit dédié imposées par la partie 7-722 de la norme NF C 15-100, consultée le 22 septembre 2026. C’est le travail de l’installateur lors de la visite technique, et c’est l’un des points sur lesquels la qualification IRVE se justifie — les niveaux existants sont décrits dans les niveaux de qualification IRVE. Le réglage se fait à la pose, par un installateur qualifié de votre département.

Pour aller plus loin

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Faire régler un délestage à votre installation

Le seuil, le capteur et le comportement sous plancher se décident sur place, en fonction de votre puissance souscrite et de vos usages. Un installateur qualifié IRVE calibre l’ensemble lors de la visite technique : vous évitez à la fois les coupures et la montée d’abonnement.

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Questions fréquentes

Comment fonctionne le délestage d’une borne de recharge ?

C’est une boucle en quatre temps, répétée en continu : un capteur mesure la consommation du logement au point de livraison, le dispositif la compare à un seuil réglé sous la puissance souscrite, en déduit la marge disponible, et la borne annonce au véhicule l’intensité correspondante via le signal de contrôle pilote de la norme NF EN / CEI 61851-1. La voiture s’y conforme et ajuste son chargeur embarqué.

Où se fait la mesure du délestage ?

Au point de livraison, en amont de la borne, pour voir la consommation totale du logement. Deux montages sont courants : une pince ampèremétrique posée sur les conducteurs d’arrivée dans le tableau, ou la lecture de la sortie de téléinformation client (TIC) du compteur communicant. Une mesure prise seulement sur le circuit de la borne ne permettrait aucun délestage.

Que se passe-t-il quand il n’y a plus assez de puissance ?

La borne réduit l’intensité annoncée jusqu’à un plancher de 6 A, valeur basse de la plage codée par le contrôle pilote de la norme NF EN / CEI 61851-1. En dessous, elle ne descend pas : elle suspend la charge, puis la reprend automatiquement dès que la demande du logement retombe. Sur une charge de nuit, ces pauses passent inaperçues.

Le délestage ralentit-il toujours la recharge ?

Non, seulement pendant les pics de consommation du logement. Le reste du temps, et notamment la nuit, la borne dispose de toute la marge disponible et charge à pleine puissance — à condition que le délestage soit dynamique. Un délestage statique, lui, bride la borne à une valeur fixe même quand la maison ne consomme rien.

Quelle différence entre délestage statique et dynamique ?

Le statique plafonne la borne à une puissance fixe, calculée au pire cas, sans aucune mesure en temps réel : il est simple mais gaspille la marge disponible la nuit. Le dynamique mesure la consommation réelle en continu et alloue à la borne tout ce qui reste, instant par instant. Le dynamique est préférable dès que la puissance souscrite est juste.

Le délestage évite-t-il d’augmenter mon abonnement ?

Souvent, oui, et c’est son principal intérêt économique : une dépense unique à l’installation remplace une augmentation de puissance souscrite payée toute l’année. La limite est réelle : si vos usages de base saturent déjà l’abonnement, ou si deux véhicules doivent charger, aucun délestage ne créera de la puissance et il faudra relever la puissance souscrite.