Données officielles — Base nationale IRVE + INSEE

Données au 21.06.2026

11 181 communes recensées

Installer une borne

Installer une borne de recharge en copropriété : qui décide, qui paie, combien de temps

Faut-il un vote de l'AG ? Que peut refuser le syndic ? Qui paie l'infrastructure collective ? Le parcours d'une borne en copropriété, articles à l'appui.

Vérifié le 22.09.2026

Sur cette page
  1. Faut-il un vote en assemblée générale pour installer une borne ?
  2. Que peut refuser le syndic, et dans quels délais ?
  3. Quelle majorité pour voter une borne en assemblée générale ?
  4. Qui paie l'infrastructure collective, et combien ?
  5. Quelles aides restent en copropriété en 2026 ?
  6. Combien de temps prend un projet de borne en copropriété ?
  7. Solution individuelle ou infrastructure collective : laquelle choisir ?
  8. Questions fréquentes

« Est-ce qu’il faut un vote de l’assemblée générale ? » C’est la première question de tout projet de borne en immeuble, et c’est celle sur laquelle circulent le plus d’approximations. La réponse tient en une distinction : tout dépend de qui paie. Cette page suit le parcours complet — la décision, le refus possible du syndic, le financement de l’infrastructure, les aides, les délais.

L’essentiel, vérifié au 22 septembre 2026. Deux décisions différentes coexistent. Pour votre seule place, le droit à la prise (CCH art. L.113-16) ne se vote pas : vous financez, l’AG est informée, et le syndic ne peut s’opposer qu’en saisissant le juge sous trois mois. Pour équiper tout l’immeuble, l’AG vote — et la majorité applicable dépend de ce qui est mis au vote.

Les quatre repères d'un projet en copropriété

Délai d'opposition du syndic
3 mois

Et il doit saisir le tribunal judiciaire, pas seulement répondre non (CCH art. R.113-8).

Contribution à l'infrastructure collective
456 - 2 267 EUR

Par utilisateur raccordé, TTC, au 1er janvier 2026 (Enedis).

Taux de la prime Advenir
50 %

Du coût HT, barème résidentiel collectif du 1er avril 2026.

Parcours collectif annoncé par Enedis
12 - 18 mois

Contre quelques semaines pour une borne individuelle déjà notifiée.

Faut-il un vote en assemblée générale pour installer une borne ?

Cela dépend de qui finance l’installation, et cette phrase règle 90 % des blocages.

  • Vous équipez votre seule place, à vos frais : c’est le droit à la prise. Il n’y a aucun vote. Le syndic inscrit un simple point d’information à l’ordre du jour de la prochaine assemblée, sans mise aux voix.
  • La copropriété équipe le parking : c’est une décision collective, et elle se vote. La majorité applicable, elle, dépend de la résolution exacte — trois cas coexistent, détaillés plus bas.

Confondre les deux est la première cause d’abandon : un copropriétaire à qui l’on dit « attendez l’AG » alors qu’il relève du droit à la prise perd un an pour rien.

Votre place

Droit à la prise

  • Ouvert au copropriétaire occupant, au bailleur, au locataire et à l’occupant de bonne foi
  • Notification par lettre recommandée avec accusé de réception (CCH art. R.113-10)
  • Vous financez la borne, la pose et votre consommation, mesurée par un comptage individuel
  • L’AG reçoit un point d’information, elle ne vote pas
  • Opposition possible seulement en justice, sous trois mois

Aucun vote. Vous payez, l'AG est informée.

Tout l'immeuble

Décision collective

  • Portée par le conseil syndical ou le syndic, inscrite à l’ordre du jour
  • Une infrastructure collective qui dessert ensuite toutes les places
  • Financement possible sans frais pour le syndicat (Enedis ou opérateur privé)
  • Éligible à la prime Advenir infrastructure collective
  • Majorité simple ou absolue selon ce qui est voté : voir le tableau ci-dessous

Vote en AG. La majorité dépend de la résolution.

Les deux voies ne s’excluent pas, et se combinent même très bien : beaucoup d’immeubles votent d’abord une infrastructure collective, sur laquelle chaque résident intéressé se raccorde ensuite par une dérivation individuelle.

Que peut refuser le syndic, et dans quels délais ?

Sur une demande individuelle, le syndic n’a pas de pouvoir de refus : il a un délai pour saisir le juge. C’est toute la différence, et c’est ce qui rend le droit à la prise effectif.

Les délais opposables au syndic sur une demande individuelle
ÉtapeQui agitDélaiCe qui se passe si rien n’est fait
Notification du projet (descriptif détaillé des travaux, plan technique d’intervention, schéma de raccordement électrique)Le demandeur, par LRARpoint de départ—
Saisine du président du tribunal judiciaire pour s’opposerLe syndic (copropriété) ou le propriétaire3 moisPassé ce délai sans saisine, le projet peut être réalisé
Convention d’accès au prestataire choisi par le demandeurLe syndic ou le propriétaire2 mois après notification des coordonnées du prestataireLe dossier reste bloqué au stade de l’accès : relancer par écrit
Point d’information à l’ordre du jour de la prochaine AGLe syndicprochaine assembléeC’est une information, pas une mise aux voix

Sources : CCH art. R.113-7 à R.113-10, issus du décret n° 2020-1720 du 24 décembre 2020 et recodifiés par le décret n° 2021-872 du 30 juin 2021, consultés sur Légifrance le 22 septembre 2026. Les délais courent à compter de la notification par lettre recommandée avec accusé de réception.

Les motifs opposables sont ceux que cite l’article L.113-16 et que précise la jurisprudence : une impossibilité technique réelle, des installations équivalentes déjà disponibles, ou un projet collectif effectivement décidé. Un refus sans saisine du juge n’a aucune portée. La procédure complète, côté copropriétaire comme côté locataire, est détaillée dans le droit à la prise.

Devis gratuit

Faire chiffrer ma borne sur ma place

Gratuit et sans engagement - installateurs certifiés Qualifelec / Advenir, réponse sous 48 h.

Quelle majorité pour voter une borne en assemblée générale ?

C’est le point le plus mal traité du sujet, parce qu’il n’y a pas une majorité mais trois régimes, et que la loi du 16 juin 2025 en a déplacé la frontière. Voici ce que dit la loi du 10 juillet 1965 dans sa version consultée sur Légifrance le 22 septembre 2026.

Majorité applicable selon la résolution mise au vote
Ce que l’AG voteFondementMajoritéComment elle se compte
Convention avec Enedis (infrastructure collective relevant du réseau public) ou avec un opérateur d’IRVE, sans frais pour le syndicatArt. 24-5-1Majorité simple (art. 24)Majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance ; avis du conseil syndical quand il en existe un
Décision d’équiper les emplacements d’accès sécurisé à usage privatif avec des bornes de rechargeArt. 24, II, iMajorité simple (art. 24)Idem, depuis la loi du 16 juin 2025
Travaux d’installation ou de modification des installations électriques intérieures ou extérieures alimentant ces emplacements, et installations de recharge à comptage individuelArt. 25, jMajorité absolue (art. 25)Majorité des voix de tous les copropriétaires, présents ou non
Le même vote, s’il a recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires sans atteindre la majorité absolueArt. 25-1Second vote immédiat à la majorité de l’art. 24La même assemblée revote séance tenante

Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, articles 24, 24-5-1, 25 j et 25-1, versions consultées sur Légifrance le 22 septembre 2026. L'article 24-5-1 a été créé par la loi Climat et résilience n° 2021-1104 du 22 août 2021 (art. 111) ; le i du II de l'article 24 résulte de la loi n° 2025-541 du 16 juin 2025 (art. 9), en vigueur au 18 juin 2025.

Qui paie l’infrastructure collective, et combien ?

Trois configurations, trois logiques de facture. Le tableau ci-dessous donne le coût pour vous, pas le coût du chantier.

Qui paie quoi, selon le montage retenu
MontageCe que paie le syndicatCe que paie le résident qui se raccordeCe que paie le résident sans véhicule électrique
Droit à la prise (votre place)rien1 200 à 2 000 EUR TTC : borne, pose, raccordement, puis sa consommationrien
Infrastructure préfinancée par Enedisrien456 à 2 267 EUR TTC de contribution, plus sa dérivation individuelle et sa bornerien
Infrastructure préfinancée par un opérateur privé (Logivolt et autres)rienun droit de connexion contractuel, dont aucun montant public n’est publié : à exiger chiffré avant le voterien
Infrastructure financée par la copropriétéle coût des travaux, réparti au prorata des tantièmessa borne et sa consommationsa quote-part des travaux — c’est l’objection classique en AG

Fourchettes La Borne Futée pour les installations individuelles. Contribution à l'infrastructure collective : montant réglementé publié par Enedis, 456 à 2 267 EUR TTC par utilisateur au 1er janvier 2026 (451 à 2 248 EUR TTC en 2025). Seul un devis après visite technique fait foi.

Deux limites à connaître avant de citer la fourchette Enedis comme une certitude. D’abord, le plafond de 2 267 EUR TTC ne s’applique que si la puissance demandée est inférieure ou égale à 9 kVA : au-delà (12 ou 36 kVA), il n’y a plus de plafond réglementaire et la contribution suit le coût réel de l’infrastructure. Ensuite, la présence d’amiante relève un plafond distinct. À cette contribution s’ajoute la dérivation individuelle, qu’Enedis chiffrait pour 2025 à 310 EUR TTC si elle est demandée au moment des travaux collectifs, contre 389 EUR TTC plus tard : se déclarer au moment du vote coûte moins cher. Le détail complet, y compris les délais et les indemnités de retard, est sur financement Enedis et Logivolt, et le budget ligne par ligne sur coût d’une borne en copropriété.

Quelles aides restent en copropriété en 2026 ?

C’est la bonne nouvelle du segment, et elle est contre-intuitive : au 22 septembre 2026, Advenir finance encore l’immeuble collectif alors qu’il ne finance plus la maison individuelle. Le barème métropole consulté ce jour ne comporte aucune ligne pour le pavillon, mais bien quatre lignes pour le résidentiel collectif.

Prime Advenir résidentiel collectif, barème du 1er avril 2026
Poste financéPlafond (HT)Pour qui
Point de recharge individuel (droit à la prise)1 000 EUR par pointCopropriétaire ou locataire, sans vote d’AG
Point de recharge partagé1 660 EUR par pointCopropriété ou bailleur
Infrastructure collective (colonne, pré-équipement)12 500 EUR jusqu’à 100 places, puis 125 EUR par place supplémentaireCopropriété ou bailleur (vote en AG)
Surprime VRD (tranchées, voirie)8 000 EURParkings extérieurs

Taux unique de 50 % du coût HT dans la limite des plafonds. Source : advenir.mobi, barème du 1er avril 2026, consulté le 22 septembre 2026. Conditions impératives : installateur labellisé Advenir, dossier déposé avant le début des travaux.

La prime Advenir se cumule avec le préfinancement de l’infrastructure : le premier neutralise le coût de la colonne pour le syndicat, la seconde finance la moitié du HT des points de charge. Reste une question de montage à trancher avant de signer — qui perçoit la prime lorsque c’est un tiers qui préfinance —, traitée sur financement Enedis et Logivolt. Le barème détaillé et ses conditions sont sur prime Advenir, et l’inventaire de tous les dispositifs sur le hub des aides 2026.

Combien de temps prend un projet de borne en copropriété ?

Les deux voies n’ont pas du tout la même horloge, et c’est souvent ce qui décide du chemin à prendre.

  1. Droit à la prise : environ trois à quatre mois

    Le délai est presque entièrement réglementaire : la notification par LRAR, puis les trois mois pendant lesquels le syndic peut saisir le juge. La pose elle-même, une fois l’accès organisé, se compte en une journée. C’est la voie rapide.

  2. Projet collectif : le calendrier commence à l'ordre du jour

    Une résolution ne s’improvise pas en séance : elle doit être inscrite à l’ordre du jour de la convocation. Si l’AG annuelle vient de se tenir, l’attente peut atteindre un an, sauf assemblée extraordinaire.

  3. Infrastructure collective Enedis : 12 à 18 mois annoncés

    Enedis annonce un parcours de 12 à 18 mois, étude et consultation comprises, avec six mois pour réaliser l’infrastructure à compter de la signature de la convention. Le raccordement d’une borne supplémentaire, ensuite, se compte en semaines.

  4. Après : les raccordements individuels s'enchaînent

    Une fois l’immeuble équipé, chaque nouveau résident n’a plus qu’à demander sa dérivation individuelle. C’est le vrai bénéfice du collectif : le coût et le délai du premier sont élevés, ceux du dixième sont marginaux.

Solution individuelle ou infrastructure collective : laquelle choisir ?

Projet copropriété

Faire cadrer votre projet avant l'assemblée générale

Une résolution mal rédigée se vote sous la mauvaise majorité, et se conteste pendant deux mois. Un opérateur qualifié chiffre le projet, indique le fondement légal de chaque résolution et prépare le texte à inscrire à l’ordre du jour. Pour un copropriétaire seul, le même échange sécurise la notification au syndic et le devis.

Devis gratuit

Étudier le projet de ma copropriété

Gratuit et sans engagement - installateurs certifiés Qualifelec / Advenir, réponse sous 48 h.

Questions fréquentes

Faut-il un vote de l’assemblée générale pour installer une borne de recharge en copropriété ?

Cela dépend de qui paie. Si vous équipez votre seule place à vos frais, non : le droit à la prise de l’article L.113-16 du Code de la construction et de l’habitation dispense de tout vote, et le syndic inscrit seulement un point d’information à l’ordre du jour de la prochaine assemblée. Si la copropriété équipe le parking, oui : il y a un vote, et la majorité applicable dépend de la résolution mise aux voix.

Quelle majorité faut-il pour voter une infrastructure de recharge en AG ?

Elle dépend du texte de la résolution. Une convention avec Enedis ou avec un opérateur d’IRVE sans frais pour le syndicat relève de la majorité simple de l’article 24, par application de l’article 24-5-1 de la loi du 10 juillet 1965. La décision d’équiper les emplacements de bornes relève aussi de la majorité simple depuis la loi du 16 juin 2025 (article 24, II, i). En revanche, les travaux sur les installations électriques financés par la copropriété relèvent toujours de la majorité absolue de l’article 25, j, avec un second vote immédiat possible si le projet a réuni au moins le tiers des voix (article 25-1).

Le syndic peut-il refuser ma borne de recharge ?

Il ne peut pas refuser par lui-même. Sur une demande individuelle, le syndicat des copropriétaires dispose de trois mois à compter de la notification pour saisir le président du tribunal judiciaire, et seulement pour un motif sérieux et légitime : impossibilité technique, installations équivalentes déjà disponibles, ou décision déjà prise d’équiper l’immeuble dans un délai raisonnable. Sans cette saisine dans le délai, les travaux peuvent être réalisés.

Qui paie l’infrastructure collective de recharge dans un immeuble ?

Si l’infrastructure est préfinancée par Enedis ou par un opérateur privé, le syndicat ne paie rien et seuls les résidents qui se raccordent contribuent. Chez Enedis, cette contribution va de 456 à 2 267 EUR TTC par utilisateur au 1er janvier 2026, plafond applicable seulement pour une puissance inférieure ou égale à 9 kVA, à laquelle s’ajoute la dérivation individuelle. Si la copropriété finance elle-même les travaux, le coût se répartit au prorata des tantièmes, y compris sur les copropriétaires sans véhicule électrique.

Quelles aides existent pour une borne en copropriété en 2026 ?

Au 22 septembre 2026, la prime Advenir reste ouverte au résidentiel collectif, à 50 % du coût HT selon le barème du 1er avril 2026 : jusqu’à 1 000 EUR par point individuel, 1 660 EUR par point partagé, 12 500 EUR pour l’infrastructure collective et 8 000 EUR de surprime pour les travaux de voirie. Elle se cumule avec le préfinancement Enedis ou Logivolt de l’infrastructure. C’est une différence nette avec la maison individuelle, pour laquelle le barème métropole ne comporte plus aucune ligne.

Combien de temps faut-il pour installer une borne en copropriété ?

Comptez trois à quatre mois pour une borne individuelle : le délai d’opposition de trois mois représente l’essentiel de l’attente, la pose elle-même tenant en une journée. Pour une infrastructure collective sous maîtrise d’ouvrage Enedis, le parcours annoncé est de 12 à 18 mois, étude et consultation comprises, avec six mois pour réaliser les travaux à compter de la signature de la convention. Une fois l’immeuble équipé, les raccordements individuels suivants se comptent en semaines.