Installer une borne
Installer une borne de recharge en copropriété
Installer une borne en copropriété : le droit à la prise permet d'équiper sa place sans vote d'AG, et l'infrastructure collective peut être préfinancée à coût nul. Le guide pour copropriétaires et conseils syndicaux.
Sur cette page
Installer une borne dans une copropriété passe pour compliqué. C’est surtout mal expliqué. Un copropriétaire peut équiper sa place sans l’accord de l’assemblée générale, grâce au droit à la prise. Et un projet collectif d’immeuble peut aujourd’hui être voté à la majorité simple et financé sans que le syndicat n’avance un euro. Cette page clarifie les deux chemins, selon que vous êtes un résident qui veut sa borne ou un conseil syndical qui équipe l’immeuble.
L’essentiel. Pour votre place personnelle, le droit à la prise vous permet d’installer une borne à vos frais sans vote d’AG : le syndic ne peut s’y opposer que pour un motif sérieux et légitime, par la voie du tribunal. Pour équiper tout l’immeuble, l’infrastructure peut être préfinancée à coût nul (Enedis ou Logivolt) et la prime Advenir couvre 50 % du HT.
Ce qui débloque la copropriété en 2026
- d'AG pour votre place
- Sans vote
- Infrastructure préfinancée
- 0 EUR
- Prime Advenir (infrastructure)
- 12 500 EUR
Le droit à la prise est une démarche individuelle.
Deux situations, deux démarches
Tout commence par une question : voulez-vous équiper votre place, ou tout l’immeuble ? Les deux réponses ouvrent des chemins très différents, et confondre les deux est la première source de blocage.
Votre place
Droit à la prise
- Pour un copropriétaire occupant, un bailleur ou un locataire
- Une simple notification au syndic suffit
- Vous financez votre borne et votre consommation
- Aucun vote de l’assemblée générale
Individuel, à vos frais, sans accord de l'AG.
Tout l'immeuble
Projet collectif
- Porté par le conseil syndical ou le syndic
- Une infrastructure qui dessert toutes les places
- Préfinancement possible : zéro avance pour le syndicat
- Vote à la majorité simple pour une solution sans coût
Une infrastructure votée en AG, souvent à coût nul.
Les deux ne s’excluent pas. Beaucoup d’immeubles déploient d’abord une infrastructure collective, sur laquelle chaque résident intéressé se raccorde ensuite par une dérivation individuelle.
Le droit à la prise, sans vote d’AG
C’est le point juridique le plus important, et le plus souvent déformé. Le droit à la prise (décret du 24 décembre 2020, codifié au Code de la construction et de l’habitation) permet à tout copropriétaire ou locataire d’installer une borne sur sa place, à ses frais.
La procédure pour un copropriétaire occupant
-
Notification au syndic
Vous notifiez votre projet au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception, accompagnée d’un descriptif des travaux, d’un plan technique et d’un schéma de raccordement.
-
Délai d'opposition de trois mois
Le syndic ne peut s’opposer que pour un motif sérieux et légitime, et seulement en saisissant le président du tribunal judiciaire dans un délai de trois mois. Passé ce délai sans opposition, le projet est réputé accepté.
-
Réalisation des travaux
Vous faites poser la borne par un installateur qualifié IRVE, avec un comptage individuel de votre consommation.
Tout occupant d’un immeuble collectif peut faire installer, à ses frais, un point de recharge sur sa place de stationnement, sans avoir à obtenir l’accord préalable de l’assemblée générale.
Le point clé : aucun vote de l’assemblée générale n’est requis pour votre installation individuelle. Le syndic doit seulement inscrire un point d’information, sans vote, à l’ordre du jour de la prochaine AG. C’est ce qui débloque la situation pour le copropriétaire qui croit, à tort, devoir convaincre tout l’immeuble. Le détail, étape par étape, figure dans notre guide droit à la prise.
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Le projet collectif : voté simplement, financé sans frais
Pour équiper l’immeuble, deux leviers ont changé la donne et lèvent le frein historique : le coût de l’infrastructure.
Le financement à coût nul de l’infrastructure : Enedis ou Logivolt préfinance la colonne et les équipements collectifs. Le syndicat ne paie rien ; seuls les copropriétaires qui se raccordent versent une contribution, de 456 à 2 267 EUR TTC en 2026. Voir la fiche financement Enedis / Logivolt.
La prime Advenir résidentiel collectif : 50 % du coût HT, selon le barème revalorisé du 1er avril 2026, cumulable avec le préfinancement.
| Poste financé | Plafond (HT) | Pour qui |
|---|---|---|
| Point de recharge individuel | 1 000 EUR / point | Copropriétaire, sans vote d’AG |
| Point de recharge partagé | 1 660 EUR / point | Copropriété, bailleur |
| Infrastructure collective | 12 500 EUR | Copropriété (vote en AG) |
| Surprime VRD (travaux extérieurs) | 8 000 EUR | Parkings extérieurs |
Taux d'aide de 50 % du coût HT pour chaque sous-catégorie. Installateur labellisé Advenir obligatoire, dossier déposé avant le début des travaux.
Parce que la solution préfinancée n’entraîne aucun coût pour le syndicat, le projet relève de la majorité simple de l’article 24 de la loi de 1965, et non de l’unanimité souvent redoutée.
L'angle d'accroche pour un conseil syndical
Depuis la loi LOM, le syndic devait inscrire à l’ordre du jour d’une AG, avant le 1er janvier 2023, l’étude de faisabilité de l’équipement de l’immeuble. Beaucoup de copropriétés ne l’ont jamais fait. Si c’est le cas de la vôtre, c’est le moment légitime de remettre le sujet sur la table.
Qui paie quoi
Pour une installation individuelle au titre du droit à la prise, le coût est à 100 % à la charge du demandeur, qui ne paie ensuite que sa propre consommation. Pour une infrastructure collective, les coûts résiduels se répartissent au prorata des tantièmes, sauf en cas de préfinancement par un tiers, où le syndicat ne supporte rien. Le sous-comptage individuel garantit que chacun ne paie que ce qu’il consomme, jamais via les charges communes.
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Conseil syndical ou syndic, le montage d’une infrastructure collective (préfinancement, prime Advenir, vote en AG) gagne à être cadré dès le départ par un opérateur qualifié. Un échange permet de chiffrer le projet et de préparer la résolution à inscrire à l’ordre du jour.
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Pour aller plus loin
Nous publions progressivement les autres guides opérationnels de ce silo : le kit du conseil syndical (modèle de courrier, résolution type), les règles de majorité en AG et le calcul de la quote-part.
Questions fréquentes
Faut-il l’accord de la copropriété pour installer sa borne ?
Non, pas pour une installation individuelle au titre du droit à la prise. Le syndic ne peut s’y opposer que pour un motif sérieux et légitime, par voie judiciaire, dans un délai de trois mois. Aucun vote d’AG n’est nécessaire.
Combien coûte une borne en copropriété ?
Pour une borne individuelle, le panier est proche de celui d’une maison. Pour un projet collectif, l’infrastructure peut être préfinancée à coût nul pour le syndicat, chaque utilisateur versant une contribution de 456 à 2 267 EUR TTC en 2026, avant prime Advenir.
Quelles aides en copropriété en 2026 ?
La prime Advenir résidentiel collectif (50 % du HT) et le financement à coût nul de l’infrastructure par Enedis ou Logivolt, cumulables. La TVA réduite s’applique aussi aux travaux d’amélioration.
Le conseil syndical peut-il lancer un projet seul ?
Le conseil syndical prépare et porte le projet, mais l’infrastructure collective doit être votée en assemblée générale. La bonne nouvelle : une solution à coût nul pour le syndicat se vote à la majorité simple.