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Augmenter la puissance de son compteur pour une borne : la démarche

Qui contacter, quel délai, ce qui change chez vous, et le moment où l'augmentation bascule en demande de raccordement. La démarche, pas le calcul.

Mis à jour le 22.09.2026

Sur cette page
  1. À qui faut-il demander l'augmentation de puissance ?
  2. Comment se déroule la démarche, étape par étape ?
  3. Ce qui change chez vous après l'augmentation
  4. Quels délais faut-il prévoir ?
  5. Quand l'augmentation ne suffit-elle plus ?
  6. Augmenter la puissance ou installer un délestage ?
  7. Pour aller plus loin
  8. Questions fréquentes

Augmenter sa puissance souscrite est une modification de contrat, pas des travaux : la demande se fait auprès de votre fournisseur d’électricité, pas d’Enedis. Avec un compteur communicant, elle est appliquée à distance, sans visite, tant que la puissance visée reste dans la limite de votre branchement. Au-delà, ce n’est plus la même démarche.

À qui faut-il demander l’augmentation de puissance ?

À votre fournisseur d’électricité : celui dont le nom figure sur votre facture. C’est la réponse à la question la plus fréquente du sujet, et la source d’une perte de temps récurrente quand on s’adresse directement au gestionnaire de réseau.

Comment se déroule la démarche, étape par étape ?

  1. 1. Faire fixer la puissance cible par l'installateur

    La cible ne se choisit pas au jugé : elle sort du bilan de puissance fait lors de la visite technique, qui compare ce que la borne appellera et ce que le logement consomme au même moment. Demandez que la puissance recommandée figure par écrit sur le devis, en kVA. La méthode de calcul est détaillée dans le guide dédié aux kVA ; ne lancez pas la démarche contractuelle avant d’avoir ce chiffre. Pour l’obtenir, faites venir un installateur qualifié de votre secteur avant d’appeler votre fournisseur.

  2. 2. Vérifier que la cible tient dans le branchement existant

    C’est le point de bascule de toute la démarche. Tant que la puissance visée reste dans la capacité du branchement en place, le changement est purement contractuel. Si elle la dépasse — typiquement lorsqu’il faut passer du monophasé au triphasé — il ne s’agit plus d’un changement de puissance souscrite mais d’une modification de branchement. L’installateur ou le gestionnaire de réseau est seul à pouvoir trancher ce point pour votre point de livraison.

  3. 3. Adresser la demande au fournisseur

    Par l’espace client, par téléphone ou par courrier, selon le fournisseur. Munissez-vous du numéro de point de livraison — le PDL ou PRM, à quatorze chiffres, qui figure sur votre facture — et indiquez la puissance souhaitée en kVA. Profitez-en pour faire préciser, dans le même échange, l’incidence sur votre option tarifaire si vous en changez en même temps.

  4. 4. Laisser le fournisseur transmettre au gestionnaire de réseau

    Vous n’avez aucune démarche à faire auprès d’Enedis : le fournisseur transmet. Sur un compteur communicant, le gestionnaire applique la nouvelle puissance à distance, sans intervention sur place. Sur un compteur électromécanique ancien, un déplacement reste nécessaire pour régler le disjoncteur de branchement, avec prise de rendez-vous.

  5. 5. Vérifier le changement sur la facture suivante

    La nouvelle puissance souscrite doit apparaître sur l’avis d’échéance ou la facture qui suit, avec la part abonnement mise à jour. C’est la seule preuve que la modification est bien passée en contrat et pas seulement au compteur. En cas de doute, l’espace client du fournisseur affiche la puissance souscrite en cours.

Ce qui change chez vous après l’augmentation

Trois choses, et seulement trois. Le reste est inchangé, ce qui évite quelques inquiétudes inutiles.

Avant / après une augmentation de puissance souscrite
Ce qui est en jeuAvantAprèsCommentaire
Seuil de déclenchement du disjoncteur de branchementCalibre correspondant à l’ancienne puissanceCalibre correspondant à la nouvelleC’est l’effet recherché : moins de coupures en pointe
Part abonnement de la facturePalier actuelPalier supérieurPayée que vous consommiez ou non
Prix du kilowattheureInchangéInchangéIl dépend de l’offre et de l’option, pas de la puissance
Installation intérieure, tableau, circuitsInchangésInchangésÀ reprendre séparément si nécessaire
Compteur et branchementInchangésInchangésTant qu’on reste dans la capacité du branchement
Attestation de conformitéSans objetSans objetElle est déclenchée par la création ou la modification d’un raccordement, pas par un changement de contrat

Effets d'une modification de puissance souscrite dans la limite du branchement existant. Les montants d'abonnement ne sont pas publiés ici : ils dépendent du fournisseur, de l'offre et de l'option tarifaire, et sont à demander au fournisseur avant l'arbitrage.

Quels délais faut-il prévoir ?

Le délai n’est pas le même selon l’équipement en place, et c’est le compteur qui commande.

Nous ne publions pas de durée chiffrée pour chacun de ces cas : elle dépend du fournisseur, de la charge du gestionnaire de réseau et de la nature de l’intervention. Le fournisseur est tenu de vous indiquer la date d’effet au moment de la demande — c’est cette date-là, et pas une moyenne, qu’il faut inscrire dans le planning du chantier.

Quand l’augmentation ne suffit-elle plus ?

Quand la puissance visée sort de ce que votre branchement peut acheminer. Le contrat n’est alors plus le sujet : c’est le câble, le coffret et le dispositif de comptage qui deviennent la limite. On change de démarche, d’interlocuteur et d’ordre de grandeur.

Augmentation de puissance souscrite

Ce que c’est : une modification du contrat, dans la limite du branchement existant. Qui la traite : le fournisseur, qui transmet au gestionnaire de réseau. Travaux : aucun, si le compteur est communicant. Effet sur la facture : la part abonnement monte d’un palier. Réversible : oui, une puissance souscrite se redescend.

Modification de branchement

Ce que c’est : une intervention sur l’ouvrage de raccordement lui-même — passage en triphasé, reprise du câble d’alimentation, du coffret ou du comptage. Qui la traite : le gestionnaire de réseau, sur demande de raccordement. Travaux : oui, planifiés, avec intervention sur site. Effet sur la facture : un coût de raccordement à la charge du demandeur, en plus du nouvel abonnement. Réversible : non, ce sont des travaux.

Augmenter la puissance ou installer un délestage ?

Les deux règlent le même problème — un disjoncteur qui menace de couper — par deux voies opposées. L’augmentation achète de la marge en permanence ; le délestage répartit dans le temps la marge existante.

Augmenter la puissance si...

  • La puissance souscrite était déjà juste avant la borne, hors recharge
  • Vous devez pouvoir recharger à pleine puissance en début de soirée, aux heures de pointe du logement
  • Le foyer a plusieurs usages lourds simultanés : induction, chauffe-eau, chauffage électrique
  • Le différentiel annuel d’abonnement annoncé par votre fournisseur vous paraît acceptable
  • Vous préférez une solution sans électronique supplémentaire à maintenir

Préférer le délestage si...

  • Vous rechargez la nuit, quand le logement ne consomme presque rien
  • La marge ne manque qu’à de rares pointes, prévisibles
  • Le surcoût d’abonnement pèse plus que le confort gagné
  • L’installation ne demande qu’un équipement posé au tableau, sans toucher au contrat
  • Vous acceptez que la charge ralentisse ou s’interrompe brièvement pendant ces pointes

Le délestage a une limite qu’il faut énoncer clairement : il ne crée pas de puissance. Si votre abonnement était déjà insuffisant avant l’arrivée de la borne, il ne fera que déplacer le problème. Le mécanisme et ses conditions d’efficacité sont détaillés dans le délestage et la gestion de puissance ; pour plusieurs bornes sur un même branchement, c’est la gestion dynamique de puissance qui prend le relais.

Trois questions de démarche, réglées

Puis-je redescendre ma puissance si j'ai vu trop grand ?

Oui. La puissance souscrite est un paramètre du contrat, et elle se modifie dans les deux sens auprès du fournisseur, selon les mêmes modalités. C’est un argument pour ne pas surdimensionner « par sécurité » : une puissance trop élevée se paie tous les mois, alors qu’un ajustement à la baisse plus tard ne coûte qu’un appel. Attendez quelques mois d’usage réel de la borne avant de trancher définitivement.

Dois-je prévenir Enedis moi-même ?

Non, pour une augmentation de puissance souscrite : le fournisseur transmet la demande, c’est son rôle. Vous n’avez de dossier direct à ouvrir auprès du gestionnaire de réseau que dans le cas d’une modification de branchement, et l’installateur ou le fournisseur vous l’indiquera. Faire les deux démarches en parallèle ne fait pas gagner de temps et crée des dossiers concurrents.

Faut-il une attestation de conformité après une augmentation de puissance ?

Pas du fait de l’augmentation elle-même : un changement de puissance souscrite n’est pas une création ni une modification de raccordement. L’attestation se déclenche sur la nature des travaux réalisés sur l’installation ou le branchement, pas sur la puissance du contrat ni sur celle de la borne. Le critère exact est expliqué dans l’attestation Consuel pour une borne ; faites qualifier vos travaux par écrit sur le devis.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Comment augmenter la puissance de son compteur pour une borne de recharge ?

La demande se fait auprès de votre fournisseur d’électricité, celui qui vous facture, et non auprès d’Enedis : il s’agit d’une modification de contrat. Munissez-vous du numéro de point de livraison à quatorze chiffres figurant sur votre facture et indiquez la puissance souhaitée en kVA. Le fournisseur transmet au gestionnaire de réseau, qui applique la nouvelle puissance à distance sur un compteur communicant. Vérifiez ensuite que la puissance souscrite a bien changé sur la facture suivante.

Faut-il contacter Enedis ou son fournisseur d’électricité ?

Le fournisseur. Le gestionnaire de réseau n’a pas de contrat commercial avec un particulier : il exécute les demandes que le fournisseur lui transmet. Vous n’ouvrez un dossier directement auprès du gestionnaire de réseau que dans un seul cas, celui d’une modification du branchement lui-même — passage en triphasé, reprise du câble ou du coffret — qui relève d’une demande de raccordement et non d’un changement de puissance souscrite.

Y a-t-il des travaux pour augmenter la puissance souscrite ?

Aucun, dans le cas le plus courant. Avec un compteur communicant, et tant que la puissance visée reste dans la capacité du branchement existant, l’opération est téléopérée par le gestionnaire de réseau : pas de rendez-vous, pas de visite. Sur un compteur électromécanique ancien, un technicien doit se déplacer pour régler le disjoncteur de branchement, avec une brève coupure. Des travaux ne deviennent nécessaires que si le branchement lui-même doit être modifié.

Qu’est-ce qui change sur ma facture après une augmentation de puissance ?

La part abonnement monte d’un palier, et elle se paie que vous consommiez ou non. Le prix du kilowattheure, lui, ne change pas du fait de l’augmentation : il dépend de l’offre et de l’option tarifaire. Nous ne publions pas de montant, car il varie selon le fournisseur et l’offre. Demandez à votre fournisseur le différentiel annuel exact entre votre puissance actuelle et la puissance visée, à option tarifaire inchangée, avant d’arbitrer entre augmenter et déléster.

Que faire si mon branchement ne permet pas la puissance souhaitée ?

On quitte le registre du contrat pour celui des travaux. Il faut alors une demande de raccordement auprès du gestionnaire de réseau, avec étude, devis et intervention planifiée, à la charge du demandeur. Le code de l’énergie prévoit, à ses articles D.341-3-1 et D.341-3-2 issus du décret n° 2022-795 du 9 mai 2022, une réfaction de 80 % sur la contribution due pour le raccordement d’une borne de moins de 10 kW chez un particulier déjà raccordé en basse tension, avec des exclusions expresses. L’applicabilité à votre cas est à confirmer par le gestionnaire de réseau.

Le délestage évite-t-il d’augmenter la puissance de son compteur ?

Souvent, oui, pour un foyer qui recharge la nuit. Le délesteur mesure la consommation en temps réel et réduit ou interrompt la charge de la borne quand le logement appelle du courant, ce qui supprime le dépassement de calibre sans toucher au contrat. Il ne suffit pas dans deux cas : si la puissance souscrite était déjà insuffisante avant l’arrivée de la borne, ou si la recharge doit se faire à pleine puissance en début de soirée, aux heures où le logement consomme le plus.