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Comment lire un devis d'installation de borne : les 9 lignes à vérifier

Votre devis d'installation est sous vos yeux : les 9 lignes qui doivent y figurer, le signal d'alerte sur chacune, et ce que veut dire un total sans détail.

Mis à jour le 01.10.2026

Sur cette page
  1. Les 9 lignes d'un devis, et ce qui doit y figurer
  2. Le câble : la ligne que tout le monde oublie
  3. Les protections et le tableau : la partie non négociable
  4. La TVA se vérifie ligne par ligne, pas sur le total
  5. La garantie : trois questions derrière la durée affichée
  6. Ce que dit votre devis, et ce que vous faites
  7. Les questions à poser à votre installateur
  8. L'erreur à ne pas commettre
  9. Notre recommandation
  10. Pour aller plus loin
  11. Questions fréquentes

Un devis d’installation de borne ne se juge pas à son total. Il se lit ligne par ligne, et ce sont les lignes absentes qui coûtent cher : un câble dont la longueur n’est pas écrite, un terrassement « à chiffrer », une TVA à 20 %. Voici les neuf lignes à retrouver sur le vôtre, et le signal d’alerte de chacune.

Les 9 lignes d’un devis, et ce qui doit y figurer

Les 9 lignes à vérifier sur un devis d'installation de borne
#Ligne du devisCe qui doit y figurerLe signal d’alerte
1La borneMarque, modèle, référence, puissance en kW, monophasé ou triphasé, câble attaché ou socle Type 2« Borne 7 kW » sans marque ni référence : vous ne savez pas ce que vous achetez
2La poseCe que couvre le forfait de main d’œuvre, et ce qu’il ne couvre pasUne ligne « installation » unique qui absorbe tous les autres postes
3Le câble d’alimentationLa longueur en mètres et la section en mm²Longueur absente, ou « selon besoin » : la révision est déjà prévue
4Les protectionsDisjoncteur dédié (calibre, courbe) et dispositif différentiel adapté, exigés par la NF C 15-100Aucune protection listée, ou « protections existantes réutilisées »
5Le tableauAjout d’une rangée, remplacement, ou mention explicite qu’un emplacement est libreRien sur le tableau alors qu’aucune visite technique n’a eu lieu
6Le cheminement et le terrassementApparent, encastré ou enterré ; mètres linéaires ; tranchée rebouchage et remise en état comprisTranchée « en option » ou « à chiffrer après ouverture »
7La mise en serviceParamétrage, essais, attestation de conformité, et qui dépose le dossierPoste absent, ou renvoyé « à votre charge »
8La TVA appliquéeLe taux de 5,5 %, sur le matériel et sur la pose20 % partout, ou 5,5 % sur la pose seulement
9La garantie et le SAVGarantie légale rappelée, garantie commerciale et sa durée, qui intervient en cas de panne et sous quel délai« Garantie constructeur » sans durée ni interlocuteur

Grille de lecture applicable à un devis de maison individuelle. « Signal d'alerte » ne veut pas dire malhonnêteté : le plus souvent, c'est le signe qu'un poste n'a pas été mesuré et sera révisé en fin de chantier.

Neuf lignes, et non un total : c’est la seule forme qui permet de comparer deux propositions et de vérifier le taux de TVA.

Le câble : la ligne que tout le monde oublie

C’est la ligne la plus souvent absente, et la plus lourde. Chaque mètre entre le tableau et la borne est un mètre de câble dédié, en cuivre, dont la section est calculée selon la puissance et la longueur : plus la borne est loin, plus la section doit grossir pour limiter la chute de tension. Le prix ne croît donc pas linéairement avec les mètres, il croît plus vite.

Un devis qui écrit « câblage » sans longueur ni section laisse deux choses ouvertes : le prix, puisque l’installateur pourra constater sur place qu’il faut vingt mètres et non huit ; et la conformité, puisque c’est la section qui garantit que le circuit tiendra la puissance annoncée.

Les protections et le tableau : la partie non négociable

C’est la seule partie du devis qui ne relève pas d’un arbitrage : elle est imposée par la norme.

Deux lignes doivent donc exister : les protections (disjoncteur et différentiel, avec leurs caractéristiques) et, si nécessaire, l’intervention sur le tableau. Un devis muet sur ces deux points signifie soit que l’installateur a vu de la place et ne l’a pas écrit, soit qu’il n’a pas regardé.

Le chantier ne s’arrête pas non plus à la fixation de la borne : il finit par le paramétrage, les essais et l’attestation de conformité. Poste modeste en montant, mais s’il n’est pas au devis, personne ne s’est engagé à le faire. Le principe est ancien — le décret n° 72-1120 du 14 décembre 1972 subordonne le raccordement au réseau à une attestation visée par un organisme agréé, ce qui fonde la pratique appliquée aujourd’hui par le Consuel. C’est l’installateur qui dépose : la question à lui poser est « qui dépose, et est-ce compris ? ». Détail dans le Consuel pour une borne de recharge. Texte consulté le 1er octobre 2026.

La TVA se vérifie ligne par ligne, pas sur le total

C’est la vérification la plus rentable de la liste, parce qu’un mauvais taux se chiffre en centaines d’euros sur le même chantier.

Trois cas de figure méritent une question immédiate. Une TVA à 20 % sur tout : soit l’entreprise n’est pas qualifiée IRVE, soit elle applique le mauvais taux — demandez lequel des deux. Une TVA à 5,5 % sur la pose seulement et à 20 % sur la borne : c’est une lecture erronée du texte, puisque le matériel fourni dans le cadre de la prestation suit le taux de la prestation. Un taux unique de 10 % : c’est le taux d’autres travaux de rénovation, pas celui des infrastructures de recharge.

Vérifiez au passage que la qualification est nommée sur le devis, avec l’organisme qui la délivre. Elle n’est pas seulement fiscale : en application de l’article D. 353-2 du code de l’énergie, créé par le décret n° 2024-649 du 30 juin 2024 en remplacement de l’article 22 du décret n° 2017-26 (abrogé depuis le 1er juillet 2024), la pose d’un point de charge dans un logement revient à un professionnel habilité, la qualification IRVE étant exigée au-delà de 3,7 kW — l’auto-installation n’est donc pas une option, prise renforcée comprise. Les niveaux sont décrits dans les niveaux de qualification IRVE. Texte consulté le 1er octobre 2026.

La garantie : trois questions derrière la durée affichée

La durée de garantie commerciale est le chiffre que tout le monde compare, et le moins informatif. Trois précisions comptent davantage, et doivent figurer au devis ou dans les conditions qui y sont annexées : ce qui est couvert (le boîtier seul, ou l’électronique de puissance et le câble attaché — la pièce la plus sollicitée et la première à s’abîmer) ; qui intervient et sous quel délai (renvoi en atelier à vos frais, ou intervention sur place : pour un équipement fixé au mur, l’écart est considérable) ; ce qui l’annule (une pose non conforme par un installateur non qualifié fait généralement tomber la garantie du fabricant).

En toile de fond, deux garanties vous sont dues quoi qu’il arrive : la garantie légale de conformité, qui couvre les défauts existants à la livraison et apparaissant dans les deux ans (code de la consommation, articles L. 217-3 et suivants), et la garantie des vices cachés (code civil, article 1641). Aucune garantie commerciale ne peut les réduire. Textes vérifiés le 1er octobre 2026 ; sujet développé dans la garantie d’une borne de recharge.

Ce que dit votre devis, et ce que vous faites

Six formulations fréquentes, et la réponse à apporter
Ce que vous lisezCe que cela veut direCe que vous faites
Un seul montant, une seule ligneNi comparaison, ni contrôle de la TVA possibleVous demandez le détail poste par poste (art. L. 111-1)
Pas de longueur de câbleLe poste n’a pas été mesuré, ou la révision est prévueVous demandez longueur et section, écrites
TVA à 20 % sur l’ensembleEntreprise non qualifiée IRVE, ou mauvais taux appliquéVous demandez la qualification et le taux ; l’écart est important
« Sous réserve de visite technique »Ce n’est pas un prix, c’est une estimationVous faites faire la visite avant de signer
Terrassement « en option »Le poste le plus lourd n’est pas engagéVous le faites chiffrer, rebouchage et remise en état compris
Deux devis à quelques centaines d’euros d’écartL’écart vient rarement de la borneVous comparez ligne à ligne, jamais les totaux

Chaque ligne se traite par une demande écrite avant signature, jamais après. Un devis accepté devient un contrat.

Reste le repère qui permet de situer le total, une fois les neuf lignes lues.

Borne 7,4 kW posée en maison individuelle, TVA 5,5 % comprise

1 200 à 2 500 €Fourchette de référence du projet, matériel et pose confondus.

Un total très au-dessous doit vous faire chercher ce qui manque dans les neuf lignes ; un total très au-dessus doit être justifié par un poste identifiable, le plus souvent la tranchée ou le tableau. Les autres segments ont leurs propres fourchettes : voyez le coût en copropriété et le coût en entreprise.

Les questions à poser à votre installateur

Un professionnel qualifié IRVE répond à ces six questions sans hésiter, et le plus souvent il a déjà écrit les réponses au devis.

L’erreur à ne pas commettre

Notre recommandation

Pour aller plus loin

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Un installateur qualifié IRVE de votre secteur reprend votre projet, fait la visite et établit un devis détaillé, ligne par ligne, TVA à 5,5 % comprise. Vous n’avez plus qu’à comparer.

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Questions fréquentes

Un devis d’installation de borne est-il gratuit ?

Chez la plupart des installateurs, le devis et la visite technique préalable sont gratuits et sans engagement. Ce qui doit vous alerter n’est pas son prix mais son niveau de détail : un devis gratuit établi sans visite reste une estimation, révisable en fin de chantier.

Comment savoir si un devis de borne de recharge est trop cher ?

Le total ne dit rien seul. Comparez ligne à ligne deux devis détaillés établis après visite : l’écart s’explique presque toujours par la longueur de câble, une tranchée ou une intervention sur le tableau. Pour une borne de 7,4 kW posée en maison, la fourchette de référence est de 1 200 à 2 500 euros TTC, matériel et pose confondus.

Quelle TVA doit figurer sur un devis d’installation de borne ?

5,5 %, sur le matériel comme sur la pose, en logement neuf ou ancien et sans condition d’ancienneté, dès lors que l’installateur est habilité et qualifié IRVE au-delà de 3,7 kW (article 278-0 bis N du code général des impôts, arrêté du 22 juin 2023). Une TVA à 20 % ou un taux réduit limité à la main d’œuvre doivent être justifiés.

Que faire si le devis ne mentionne pas la longueur de câble ?

Demandez-la par écrit, avec la section en mm², avant de signer. C’est le poste le plus fréquemment sous-évalué et celui qui motive le plus de révisions en fin de chantier. Un installateur qui a fait la visite connaît ces deux chiffres et peut les inscrire immédiatement.