Guide
Puissance souscrite et abonnement pour une borne de recharge : le calcul, kVA par kVA
Le calcul fait devant vous : 230 V x 32 A = 7,4 kW. Le tableau de 6 a 36 kVA avec la borne compatible, et pourquoi 6 kVA ne tient pas une borne de 7,4 kW.
Sur cette page
- Comment calcule-t-on la puissance d'une borne de recharge ?
- Que vaut mon abonnement en ampères ?
- Pourquoi une borne de 7,4 kW ne tient-elle pas sur un abonnement de 6 kVA ?
- Quel abonnement pour quelle puissance de borne ?
- Faut-il augmenter sa puissance souscrite, ou déléster ?
- Que se passe-t-il quand le branchement lui-même ne suffit plus ?
- Base ou heures creuses : l'option tarifaire change-t-elle le dimensionnement ?
- Pour aller plus loin
- Questions fréquentes
La puissance souscrite se compare à la somme de la borne et des appareils qui tournent en même temps. Une borne de 7,4 kW appelle 32 ampères en monophasé, quand un abonnement de 6 kVA n’en délivre que 26 : elle ne peut pas fonctionner à pleine puissance. Il faut 9 à 12 kVA, ou un délestage.
Comment calcule-t-on la puissance d’une borne de recharge ?
Par une multiplication, et elle se vérifie. La puissance d’une borne en courant alternatif n’est pas une donnée commerciale : c’est le produit de la tension du réseau par l’intensité que la borne est réglée à délivrer.
Retenez la conséquence pratique, qui est le cœur de ce guide : ce que votre compteur voit, c’est une intensité, pas une puissance. Le disjoncteur de branchement ne compte pas des kilowatts, il compte des ampères — et il coupe quand le total dépasse son calibre.
Que vaut mon abonnement en ampères ?
Un abonnement s’exprime en kVA. En usage domestique, on convertit sans détour : divisez la puissance souscrite par la tension.
| Abonnement | En monophasé (230 V) | En triphasé (400 V), par phase |
|---|---|---|
| 6 kVA | 26 A | — |
| 9 kVA | 39 A | 13 A |
| 12 kVA | 52 A | 17 A |
| 15 kVA | — | 22 A |
| 18 kVA | — | 26 A |
| 24 kVA | — | 35 A |
| 36 kVA | — | 52 A |
Calcul : intensité (A) = puissance souscrite (VA) ÷ tension (V) en monophasé, et ÷ (400 × √3) en triphasé. Valeurs arrondies à l'ampère. En usage domestique, on assimile kVA et kW : le facteur de puissance est proche de 1 sur ces installations. Les calibres réellement disponibles sur votre point de livraison sont à confirmer auprès du gestionnaire de réseau.
Pourquoi une borne de 7,4 kW ne tient-elle pas sur un abonnement de 6 kVA ?
Parce que les deux chiffres ne se comparent pas de loin : ils se soustraient. Faisons-le.
Le deuxième calcul est celui que les devis oublient : ce que le reste du logement consomme en même temps. Une recharge de voiture ne se fait pas dans une maison à l’arrêt.
| Appareil | Ordre de grandeur | Intensité appelée (230 V) | Se déclenche-t-il le soir ? |
|---|---|---|---|
| Plaques à induction (2 foyers en service) | 3 à 5 kW | 13 à 22 A | Oui, au pire moment |
| Four électrique | 2 à 3 kW | 9 à 13 A | Oui |
| Chauffe-eau électrique | 2 à 3 kW | 9 à 13 A | Souvent, hors pilotage heures creuses |
| Lave-linge ou lave-vaisselle en chauffe | 2 à 2,5 kW | 9 à 11 A | Oui |
| Borne de 7,4 kW | 7,4 kW | 32 A | Oui, si on branche en rentrant |
Ordres de grandeur, à vérifier sur la plaque signalétique de chacun de vos appareils : la puissance réelle varie fortement d'un modèle à l'autre. Intensité calculée sous 230 V en monophasé. Ce tableau sert à estimer la pointe simultanée, pas à remplacer un bilan de puissance fait par un professionnel.
La lecture est immédiate : à 9 kVA (39 A), une borne de 7,4 kW laisse 7 ampères au reste du logement, soit à peine de quoi faire tourner un four. C’est vivable si la recharge est programmée la nuit, intenable si l’on branche en rentrant du travail pendant que le dîner cuit. À 12 kVA (52 A), la marge passe à 20 ampères et le problème disparaît. C’est l’écart entre les deux abonnements, et non la borne elle-même, qui décide du confort.
Quel abonnement pour quelle puissance de borne ?
Le tableau ci-dessous croise les deux calculs précédents : l’intensité que l’abonnement délivre, celle que la borne appelle, et ce qu’il reste pour le logement.
| Abonnement | Intensité disponible | Borne compatible à pleine puissance | Marge pour le reste du logement |
|---|---|---|---|
| 6 kVA mono | 26 A | 3,7 kW (16 A) | 10 A (~2,3 kW) — 7,4 kW exclu |
| 9 kVA mono | 39 A | 7,4 kW (32 A) | 7 A (~1,6 kW) — délestage conseillé |
| 12 kVA mono | 52 A | 7,4 kW (32 A) | 20 A (~4,6 kW) — confortable |
| 12 kVA tri | 17 A/phase | 11 kW (16 A/phase) | 1 A/phase — délestage nécessaire |
| 15 kVA tri | 22 A/phase | 11 kW (16 A/phase) | 6 A/phase (~4 kW) |
| 18 kVA tri | 26 A/phase | 11 kW (16 A/phase) | 10 A/phase (~6,9 kW) — 22 kW exclu |
| 24 kVA tri | 35 A/phase | 22 kW (32 A/phase) | 3 A/phase — délestage nécessaire |
| 36 kVA tri | 52 A/phase | 22 kW (32 A/phase) | 20 A/phase (~13,8 kW) |
Marge restante = intensité de l'abonnement moins intensité appelée par la borne à pleine puissance. Monophasé sous 230 V, triphasé sous 400 V × √3. Ces correspondances sont des repères de dimensionnement : les paliers de puissance réellement disponibles et les tarifs associés sont à confirmer auprès du gestionnaire de réseau et du fournisseur, seuls à faire foi pour votre point de livraison.
Trois enseignements se lisent directement dans ce tableau. D’abord, la ligne 6 kVA ferme le sujet : la borne de référence en maison individuelle y est physiquement exclue. Ensuite, 9 kVA fait passer la borne mais pas le confort — c’est le palier où le délestage devient utile, pas facultatif. Enfin, une borne de 22 kW suppose au minimum 24 kVA en triphasé, soit un branchement que très peu de maisons possèdent : l’arbitrage de puissance est traité dans 11 kW ou 22 kW, et le passage au triphasé dans monophasé ou triphasé.
Faut-il augmenter sa puissance souscrite, ou déléster ?
Les deux règlent la même chose — ne plus dépasser le calibre — par deux moyens opposés : l’un achète de la marge, l’autre l’économise.
Augmenter la puissance souscrite
Passer de 6 à 9 ou 12 kVA
La demande se fait auprès de votre fournisseur d’électricité, pas d’Enedis : c’est une modification de contrat. Avec un compteur Linky, elle est appliquée à distance, sans visite ni travaux, tant que la puissance visée reste dans la limite de votre branchement. Contrepartie : la part abonnement de la facture monte à chaque palier, que vous consommiez ou non.
Confortable, mais l'abonnement suit
Installer un délestage
Garder son abonnement actuel
Un dispositif mesure en temps réel la consommation du foyer et fait baisser la puissance de la borne quand le reste du logement appelle du courant. Le calibre n’est jamais dépassé, l’abonnement ne bouge pas. La charge s’allonge aux heures de pointe — sans conséquence pour une recharge de nuit, qui dispose de huit heures pour rattraper. Voir le délestage.
Économique, charge parfois ralentie
Que se passe-t-il quand le branchement lui-même ne suffit plus ?
C’est la frontière qu’il faut connaître, parce qu’elle change d’interlocuteur, de délai et de coût.
La marche à suivre côté gestionnaire de réseau — qui dépose la demande, ce qu’Enedis fait exactement, ce que cela coûte et en combien de temps — est détaillée dans raccordement Enedis pour une borne. En copropriété, la logique est différente : l’infrastructure collective peut être préfinancée et la contribution de chaque copropriétaire est encadrée par arrêté, comme l’explique le préfinancement Enedis et Logivolt.
Base ou heures creuses : l’option tarifaire change-t-elle le dimensionnement ?
Non, et c’est une confusion utile à lever. L’option tarifaire agit sur le prix du kilowattheure, pas sur l’intensité disponible. Passer en heures creuses ne donne pas un ampère de plus : le disjoncteur coupe au même calibre.
Trois questions de dimensionnement, réglées
Puis-je comparer directement des kVA et des kW ?
En usage domestique, oui. Le facteur de puissance de ces installations est proche de 1, si bien qu’un abonnement de 9 kVA délivre environ 9 kW. Une borne de 7,4 kW « pèse » donc environ 7,4 kVA dans votre bilan. La comparaison rigoureuse se fait toutefois en ampères, puisque c’est l’intensité que le disjoncteur de branchement surveille.
Une borne bridée à 3,7 kW change-t-elle l'abonnement nécessaire ?
Oui, nettement. À 16 A au lieu de 32 A, la borne libère la moitié de l’intensité : elle redevient compatible avec un abonnement de 6 kVA, marge réduite, et confortable à 9 kVA. Le bridage se règle à l’installation. Il double le temps de charge, ce que le calcul du temps de recharge chiffre précisément.
Le délestage suffit-il vraiment à éviter l'augmentation de puissance ?
Dans la majorité des foyers qui rechargent la nuit, oui : la borne n’a alors presque jamais à s’effacer. Il ne suffit pas si la puissance souscrite était déjà insuffisante avant la borne, ni si la recharge doit impérativement se faire à pleine puissance en début de soirée.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Combien de kVA faut-il pour une borne de recharge ?
Cela dépend de la puissance de la borne et de ce que le logement consomme en même temps. En repères calculés : 6 kVA (26 A) ne passe qu’une borne de 3,7 kW ; 9 kVA (39 A) passe une borne de 7,4 kW avec 7 A de marge seulement ; 12 kVA (52 A) laisse 20 A au reste du logement. En triphasé, comptez 15 kVA pour une borne de 11 kW confortable et 24 à 36 kVA pour 22 kW. Ces paliers sont à confirmer auprès de votre gestionnaire de réseau et de votre fournisseur.
Une borne de 7,4 kW peut-elle fonctionner avec un abonnement de 6 kVA ?
Non, pas à pleine puissance. La borne appelle 7 400 W sous 230 V, soit 32 ampères, quand un abonnement de 6 kVA n’en délivre que 26. Elle dépasse le calibre à elle seule, tous les autres appareils éteints. Les solutions sont de passer à 9 ou 12 kVA, ou de brider la borne à 3,7 kW en la couplant à un délestage.
Comment calcule-t-on la puissance d’une borne de recharge ?
En monophasé, puissance = tension × intensité : 230 V × 32 A = 7 360 W, soit 7,4 kW. En triphasé, on multiplie en plus par la racine de 3 : 400 V × 32 A × 1,732 = 22 170 W, soit 22 kW. La même borne réglée sur le même calibre de 32 A donne donc 7,4 kW sur une phase et 22 kW sur trois.
Comment augmenter la puissance de son compteur pour une borne ?
La demande se fait auprès de votre fournisseur d’électricité, pas directement d’Enedis : c’est une modification de contrat. Avec un compteur Linky, le changement de puissance souscrite est appliqué à distance, sans visite ni travaux, tant que la puissance visée reste dans la limite du branchement. Au-delà, il faut une modification de branchement par le gestionnaire de réseau.
Combien coûte le passage de 6 à 9 kVA ?
Nous ne publions pas ce montant : il dépend du fournisseur, de l’offre et de l’option tarifaire, et il évolue. Le mécanisme, lui, est stable : la part abonnement de la facture est indexée sur la puissance souscrite et augmente à chaque palier, que vous consommiez ou non. Demandez à votre fournisseur le différentiel annuel exact entre votre puissance actuelle et celle visée avant d’arbitrer entre l’augmentation et le délestage.
Le délestage évite-t-il d’augmenter son abonnement ?
Dans la majorité des foyers qui rechargent la nuit, oui. Le dispositif mesure la consommation en temps réel et réduit la puissance de la borne quand le logement appelle du courant, ce qui supprime le dépassement de calibre sans toucher au contrat. Il ne suffit pas si la puissance souscrite était déjà insuffisante avant la borne, ou si la recharge doit se faire à pleine puissance en début de soirée.