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Chargeur de voiture électrique : de quoi parle-t-on vraiment
Chargeur embarqué ou borne murale : les 5 puissances de recharge en courant alternatif, les temps de charge réels et l'erreur de dimensionnement à éviter.
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Le mot « chargeur » recouvre deux objets distincts. Le chargeur embarqué est intégré à la voiture : il convertit le courant alternatif du réseau et plafonne la puissance acceptée. Le chargeur mural, ou wallbox, est en réalité une borne de recharge fixée au mur. C’est la borne que vous achetez ; c’est le chargeur embarqué qui décide de la vitesse.
Chargeur embarqué ou chargeur mural : quelle différence ?
Quand on parle de chargeur, on peut désigner deux choses qui travaillent ensemble mais ne se confondent pas :
Le chargeur embarqué
À l’intérieur du véhicule. Il transforme le courant alternatif du réseau en courant continu pour la batterie. C’est lui qui fixe la puissance maximale acceptée en courant alternatif, par exemple 7,4 ou 11 kW selon les modèles.
Le chargeur mural (wallbox)
Fixé au mur. C’est le terme grand public pour une borne de recharge. Il fournit le courant ; le chargeur embarqué le convertit. C’est lui que vous installez et choisissez.
La répartition des rôles est normée : la norme internationale CEI 61851-1, transposée en France sous la référence NF EN 61851-1, classe la recharge en quatre modes. La borne murale domestique relève du mode 3 (courant alternatif, dialogue permanent avec le véhicule) ; la recharge rapide publique relève du mode 4 (courant continu), où le chargeur embarqué est court-circuité et la conversion se fait dans la borne. Le détail est dans notre guide modes de recharge 1, 2, 3 et 4.
Quelles sont les puissances d’un chargeur mural ?
En courant alternatif, les puissances usuelles ne sont pas arbitraires : elles découlent directement de la tension du réseau et de l’intensité du circuit. En monophasé, la puissance est le produit de 230 volts par l’intensité ; en triphasé, on multiplie par la tension composée de 400 volts et par la racine de trois.
| Puissance | Circuit | Calcul | Plein d’une batterie de 50 kWh |
|---|---|---|---|
| 2,3 kW | Prise domestique | 230 V × 10 A | Environ 22 heures |
| 3,7 kW | Prise renforcée ou borne d’entrée | 230 V × 16 A | Environ 14 heures |
| 7,4 kW | Borne monophasée | 230 V × 32 A | Environ 7 heures |
| 11 kW | Borne triphasée | 400 V × 16 A × √3 | Environ 4 h 30 |
| 22 kW | Borne triphasée | 400 V × 32 A × √3 | Environ 2 h 15 |
Puissance = tension × intensité (× √3 en triphasé). Durées calculées pour une batterie de 50 kWh chargée de 0 à 100 %, sans tenir compte des pertes de conversion ni du palier de fin de charge : ce sont des ordres de grandeur, pas des promesses constructeur.
Deux enseignements pratiques. D’abord, 7,4 kW suffit à recharger complètement une batterie de 50 kWh en une nuit, ce qui explique que ce soit la configuration de référence en maison individuelle — elle est détaillée dans la borne de 7,4 kW en monophasé. Ensuite, passer de 7,4 à 22 kW suppose un raccordement triphasé : sans lui, la question ne se pose même pas.
Pourquoi le chargeur embarqué est-il décisif ?
Parce qu’il fixe le plafond, quelle que soit la borne installée. Les durées du tableau ci-dessus sont celles que délivre la borne ; la voiture, elle, n’encaisse que jusqu’à la puissance nominale de son chargeur embarqué. Sur un véhicule limité à 7,4 kW en courant alternatif, une borne de 22 kW rechargera exactement à 7,4 kW — sans gain de temps, pour un surcoût de matériel et souvent de raccordement.
Chargeur mural ou simple prise : que choisir ?
Le chargeur mural (la borne) n’est pas la seule option, mais c’est la plus sûre et la plus rapide pour un usage régulier. Les solutions sur prise, plus lentes, sont à réserver aux petits besoins.
La borne murale
- 7,4 kW en monophasé : un plein complet en une nuit
- Circuit dédié, protections propres, dialogue avec le véhicule
- Pilotage de la puissance et délestage possibles
- Ouvre droit au taux réduit de TVA quand la pose est qualifiée IRVE
La solution sur prise
- 2,3 à 3,7 kW : 14 à 22 heures pour une batterie de 50 kWh
- Risque d’échauffement sur une prise non dédiée
- Aucun pilotage, aucune protection dédiée
- Ne constitue pas une installation ouvrant droit à la TVA à 5,5 %
Le panorama complet des solutions sur prise est dans prise pour voiture électrique, et l’arbitrage dans prise renforcée ou vraie borne.
Comment bien s’équiper à domicile ?
Concrètement, équiper sa maison revient à choisir une borne murale adaptée à son alimentation et à son véhicule, puis à la faire poser par un installateur qualifié IRVE.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Chargeur et borne, est-ce la même chose ?
Le chargeur mural, ou wallbox, est le terme courant pour une borne de recharge. À ne pas confondre avec le chargeur embarqué, intégré à la voiture, qui convertit le courant alternatif en courant continu et limite la puissance acceptée. Vous achetez une borne ; c’est le chargeur embarqué qui fixe la vitesse réelle.
La puissance de la borne suffit-elle à recharger vite ?
Pas seule. La vitesse dépend aussi du chargeur embarqué du véhicule, qui plafonne la puissance en courant alternatif. Une borne plus puissante que ce que la voiture accepte n’apporte aucun gain : un véhicule limité à 7,4 kW rechargera à 7,4 kW sur une borne de 22 kW.
Quel chargeur mural pour la maison ?
Une borne de 7,4 kW en monophasé convient à la plupart des foyers : elle remplit une batterie de 50 kWh en environ sept heures, soit une nuit. Le bon dimensionnement dépend de votre alimentation et de votre véhicule, à valider lors d’une visite technique par un professionnel qualifié IRVE.
Combien de temps faut-il pour recharger une voiture électrique à domicile ?
Divisez la capacité de la batterie par la puissance réellement délivrée. Pour une batterie de 50 kWh : environ 22 heures sur une prise domestique à 2,3 kW, 14 heures à 3,7 kW, 7 heures sur une borne de 7,4 kW, 4 h 30 à 11 kW. Ce sont des ordres de grandeur, hors pertes de conversion et palier de fin de charge.
Peut-on installer un chargeur mural soi-même ?
Au-delà de 3,7 kW, la pose relève d’un installateur qualifié IRVE. C’est aussi la condition du taux réduit de TVA : une borne posée hors de ce cadre n’y ouvre pas droit, et l’installation doit de toute façon respecter la norme NF C 15-100 (circuit dédié, protection différentielle, mise à la terre).
Faut-il un chargeur mural en triphasé ?
Seulement si votre logement est alimenté en triphasé et que votre véhicule accepte 11 ou 22 kW en courant alternatif. Sans ces deux conditions réunies, une borne triphasée coûte plus cher sans rien accélérer. En monophasé, le plafond est de 7,4 kW, ce qui suffit à une recharge quotidienne.