Guide
Borne de recharge extérieure : IP, IK et pose face aux intempéries
Ce que chaque chiffre d'un indice IP et IK veut dire, l'exposition réelle d'une borne dehors — pluie, gel, sel, UV — et ce qui compte au moment de la pose.
Sur cette page
Une borne posée dehors se lit sur deux codes normalisés. L’IP (norme CEI 60529) : premier chiffre pour les corps solides et la poussière, second pour l’eau. L’IK (norme CEI 62262) : l’énergie de choc que l’enveloppe encaisse. Ces indices figurent sur la fiche technique du modèle — l’emplacement et la pose font le reste.
Les repères de la borne extérieure
- Corps solides et eau — norme CEI 60529
- IP
- Énergie de choc admise, en joules — norme CEI 62262
- IK
- Le seuil au-delà duquel la pose revient à un professionnel qualifié IRVE
- 3,7 kW
Deux chiffres, deux échelles différentes.
Que signifie chaque chiffre d’un indice IP ?
Le premier chiffre note la protection contre les corps solides et la poussière ; le second note la protection contre l’eau. Les deux échelles sont indépendantes : un IP44 et un IP65 ne diffèrent pas « d’un cran », ils diffèrent sur les deux axes à la fois.
| Premier chiffre | Ce qui est arrêté |
|---|---|
| 0 | Aucune protection |
| 1 | Corps solides d’au moins 50 mm (le dos de la main) |
| 2 | Corps solides d’au moins 12,5 mm (un doigt) |
| 3 | Corps solides d’au moins 2,5 mm (un outil) |
| 4 | Corps solides d’au moins 1 mm (un fil) |
| 5 | Protégé contre la poussière : pénétration limitée, sans effet nuisible |
| 6 | Étanche à la poussière : aucune pénétration |
Échelle du code IP selon la norme CEI / NF EN 60529. Le premier chiffre qualifie la protection des personnes contre l'accès aux parties dangereuses et la protection du matériel contre la pénétration de corps solides étrangers. Un X à cette place signifie que le degré n'est pas spécifié.
| Second chiffre | Ce à quoi la borne résiste |
|---|---|
| 0 | Aucune protection |
| 1 | Gouttes d’eau tombant verticalement |
| 2 | Gouttes d’eau jusqu’à 15° de la verticale |
| 3 | Pluie : eau en pluie jusqu’à 60° de la verticale |
| 4 | Projections d’eau venant de toutes les directions |
| 5 | Jets d’eau à la lance (buse de 6,3 mm) |
| 6 | Jets d’eau puissants (buse de 12,5 mm) |
| 7 | Immersion temporaire |
| 8 | Immersion prolongée |
Échelle du code IP selon la norme CEI / NF EN 60529. Le second chiffre qualifie la protection du matériel contre la pénétration d'eau. Les degrés 7 et 8 concernent l'immersion et ne sont pas équivalents aux degrés 5 et 6 : un matériel testé en immersion n'est pas nécessairement protégé contre les jets d'eau sous pression.
La lecture pratique est simple : pour une borne exposée à la pluie et au ruissellement, c’est le second chiffre qui doit d’abord retenir l’attention, et les degrés 4 et au-delà couvrent les projections de toutes directions. Le premier chiffre prend de l’importance dans les environnements poussiéreux — parking en terre battue, zone de chantier, bord de route non revêtue.
Que mesure l’indice IK, et pourquoi il compte dehors ?
L’énergie d’un choc que l’enveloppe encaisse sans perdre sa fonction, exprimée en joules. L’IP protège de ce qui entre ; l’IK protège de ce qui frappe. Une borne en plein air prend des coups qu’un boîtier de garage ne connaît pas.
| Code | Énergie de choc |
|---|---|
| IK00 | Non protégé |
| IK01 | 0,14 J |
| IK02 | 0,2 J |
| IK03 | 0,35 J |
| IK04 | 0,5 J |
| IK05 | 0,7 J |
| IK06 | 1 J |
| IK07 | 2 J |
| IK08 | 5 J |
| IK09 | 10 J |
| IK10 | 20 J |
Degrés de protection contre les impacts mécaniques externes selon la norme CEI / NF EN 62262. Énergies exprimées en joules (J), telles que définies par les essais de la norme. Un degré élevé qualifie l'enveloppe contre les chocs de la vie courante ; aucun degré de cette échelle ne qualifie une enveloppe contre l'impact d'un véhicule.
À quoi une borne est-elle réellement exposée dehors ?
À quatre agressions distinctes, et l’eau n’est que la première. Les indices IP et IK n’en couvrent que deux ; les autres se lisent ailleurs sur la fiche technique.
| Exposition | Ce qu’elle abîme | Où cela se lit |
|---|---|---|
| Pluie, ruissellement, projections | Électronique, connecteur, bornier | Second chiffre du code IP |
| Chocs : chariot, portière, câble qui tombe | Enveloppe, écran, trappe | Code IK |
| Gel et chaleur | Joints, écran, électronique | Plage de température de fonctionnement |
| Ultraviolets et embruns salins | Plastiques, peinture, visserie, contacts | Tenue UV et résistance à la corrosion déclarées |
Chaque exposition renvoie à une caractéristique différente de la fiche technique du modèle. Seules les deux premières lignes relèvent des codes IP et IK ; les deux suivantes se vérifient sur d'autres mentions, qu'un indice élevé ne remplace pas.
Deux expositions méritent une attention particulière parce qu’elles ne figurent dans aucun des deux codes.
Le froid ne fait pas qu’affecter la borne : il réduit aussi la puissance acceptée par la batterie du véhicule, qui se protège tant qu’elle n’a pas atteint sa température de travail. Une charge plus lente un matin de gel n’est donc pas nécessairement un défaut de la borne. Le raisonnement sur la durée réelle d’une charge est dans temps de recharge.
Le bord de mer est le cas le plus sévère et le plus sous-estimé. Les embruns salins attaquent la visserie, les charnières et les contacts, y compris sur une borne parfaitement étanche à l’eau douce. En zone littorale, la résistance à la corrosion devient un critère de choix à part entière, et le rythme de vérification doit être resserré.
Où placer une borne extérieure, et comment la poser ?
Le plus à l’abri possible, même quand la borne est prévue pour l’extérieur. Un emplacement protégé du ruissellement direct et du soleil permanent allonge la durée de vie de l’ensemble et rend le branchement plus confortable.
Les décisions de pose qui comptent en extérieur
-
Chercher un abri, même partiel
Un débord de toit, un renfoncement, un carport, un pignon protégé du vent dominant : tout ce qui réduit le ruissellement direct et l’ensoleillement permanent est gagné. À défaut d’abri naturel, une implantation à l’écart de la façade la plus battue vaut mieux qu’un capot ajouté après coup.
-
Poser à bonne hauteur, hors zone d'eau stagnante
Une borne trop basse reçoit les projections du sol et se retrouve en zone de stagnation après une forte pluie. La hauteur se décide aussi pour le confort de branchement quotidien : les critères complets sont dans hauteur et emplacement d’une borne.
-
Soigner les entrées de câble
C’est le point faible de toute enveloppe étanche. Les presse-étoupes doivent être adaptés au diamètre du câble et correctement serrés, et le câble doit former un point bas avant d’entrer dans la borne, pour que l’eau s’égoutte au lieu de suivre la gaine. Un fourreau enterré doit être bouché après passage.
-
Prévoir l'éclairage du point de charge
On branche dehors, le soir, souvent sous la pluie. Un point lumineux à proximité — ou une borne dont l’interface reste lisible de nuit — limite les fausses manœuvres sur le connecteur, qui est la pièce la plus exposée de l’ensemble.
-
Ranger le câble hors du sol
Un câble laissé au sol trempe dans l’eau stagnante, se fait rouler dessus et ramasse gravillons et sable qui finissent dans le connecteur. Un support mural ou un crochet intégré règle le problème pour rien. Le suivi courant est décrit dans l’entretien d’une borne.
Trois questions d'exposition, réglées
Peut-on nettoyer une borne extérieure au jet d'eau ?
Non, sauf si le fabricant le prévoit explicitement. Le degré du code IP qui qualifie la tenue aux jets d’eau sous pression est distinct de celui qui qualifie la pluie et les projections : une borne parfaitement à l’aise sous l’averse peut ne pas être testée au jet. Un chiffon humide sur une borne hors charge suffit.
Faut-il couvrir sa borne en hiver ?
Non. Une borne prévue pour l’extérieur est conçue pour fonctionner dans sa plage de température déclarée, gel compris. Une bâche ou un capot rapporté fait souvent l’inverse de l’effet recherché : il retient l’humidité contre l’enveloppe et gêne la ventilation. Le seul geste utile est de garder le connecteur propre et sec.
Une borne sous carport est-elle « en extérieur » ?
Oui. Un carport arrête la pluie verticale mais pas les projections latérales, le vent chargé d’humidité, la poussière ni les écarts de température. On choisit donc un modèle d’extérieur, en bénéficiant simplement d’une exposition moins sévère — ce qui allonge la durée de vie sans changer le critère de choix.
Pour aller plus loin
Passer à l'action
Une borne dehors, posée pour durer
Le bon indice ne suffit pas : l’emplacement, la hauteur, les entrées de câble et le rangement du connecteur font la différence sur dix ans. Un installateur qualifié IRVE valide le modèle au regard de votre exposition réelle et chiffre une pose nette, TVA à 5,5 % comprise.
Devis gratuit
Demander un devis pour une borne extérieureGratuit et sans engagement - installateurs certifiés Qualifelec / Advenir, réponse sous 48 h.
Questions fréquentes
Quel indice IP faut-il pour une borne de recharge extérieure ?
Il faut lire les deux chiffres séparément : le premier note la protection contre les corps solides et la poussière, le second contre l’eau. Pour une borne exposée à la pluie et au ruissellement, c’est le second chiffre qui prime, et les degrés 4 et au-delà couvrent les projections venant de toutes les directions. L’indice exact d’un modèle se lit sur sa fiche technique, jamais sur une valeur générique.
Que veut dire l’indice IK sur une borne de recharge ?
Il mesure l’énergie de choc que l’enveloppe encaisse sans perdre sa fonction, en joules, selon la norme CEI 62262. L’échelle va de IK00, non protégé, à IK10, qui correspond à 20 joules. Un degré élevé encaisse un chariot, une portière ou un câble qui tombe, mais aucun degré de cette échelle ne qualifie une enveloppe contre l’impact d’un véhicule.
Une borne de recharge d’intérieur peut-elle être installée dehors ?
Non. Son enveloppe n’est pas qualifiée contre la pluie, les projections et les écarts de température, et aucun abri ajouté après coup ne compense cette différence de conception. Le résultat est une corrosion des contacts et des pannes prématurées. On choisit un modèle dont la fiche technique déclare explicitement un usage extérieur.
Une borne extérieure résiste-t-elle au gel ?
Oui, dans la plage de température de fonctionnement déclarée par le fabricant, que l’on vérifie au même titre que les indices IP et IK. Le froid affecte toutefois davantage la batterie du véhicule que la borne : tant qu’elle n’a pas atteint sa température de travail, la batterie limite la puissance qu’elle accepte, ce qui allonge la charge sans qu’il y ait de défaut.
Faut-il un professionnel pour poser une borne en extérieur ?
Oui, dès que la puissance dépasse 3,7 kW : l’article D. 353-2 du code de l’énergie réserve la pose à un professionnel disposant de la qualification IRVE. En extérieur, son rôle est d’autant plus déterminant qu’il valide l’étanchéité des entrées de câble, le passage de la ligne dédiée et la conformité du circuit à la norme NF C 15-100.
Quelle borne choisir en bord de mer ?
Un modèle dont la fiche technique déclare une résistance à la corrosion, en plus des indices IP et IK adaptés. Les embruns salins attaquent la visserie, les charnières et les contacts, y compris sur une enveloppe parfaitement étanche à l’eau douce. En zone littorale, il est également prudent de resserrer le rythme de vérification de la borne et du connecteur.